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Irak: les déplacés turkmènes chiites coincés entre les insurgés et le Kurdistan


Mercredi 2 juillet 2014 à 14h08

Al-Khazar (Irak), 2 juil 2014 (AFP) — Des dizaines de familles ayant fui une ville turkmène chiite conquise par les jihadistes sunnites dans le nord de l'Irak cherchent à trouver refuge dans le sud du pays mais se retrouvent coincés entre les insurgés et le Kurdistan irakien.

Ces familles de Tal Afar, localité que les insurgés sunnites ont conquise tout comme d'importants secteurs du nord et l'ouest du pays, se sont dans un premier temps réfugiées dans la ville proche de Sinjar.

Elle se sont ensuite déplacées vers des camps installés aux abords de la région autonome du Kurdistan irakien.

Les routes menant aux régions à majorité chiite dans le sud du pays, notablement plus stable, sont contrôlées par les combattants de l'Etat islamique.

Et les autorités du Kurdistan autonome empêchent ceux fuyant le conflit dans le nord de l'Irak d'entrer dans leur région s'ils ne sont pas parrainés par un résident, leur privant ainsi également de l'accès à l'aéroport d'Erbil.

"A notre arrivée dans le camp, ils nous ont fourni de la nourriture, mais nous ne voulons pas vivre dans un camp", explique Mourtada Qassem, qui a fui Tal Afar pour Sinjar, avant de s'installer dans un camp à la lisière du Kurdistan.

"Nous voulons aller dans le Sud, pour trouver du travail et un logement meilleur", a dit ce père de sept enfants.

Kadhim Naqi, âgé de 64 ans et père de neuf enfants, ajoute que sa famille veut aller dans le Sud car "il n'y a pas de guerre ni de conflit (...) C'est plus stable."

Environ 1,2 million de personnes ont été déplacées par les violences en Irak cette année dont plusieurs centaines de milliers depuis le début de l'offensive des insurgés le 9 juin.

De nombreux déplacés se sont installés dans des hôtels du Kurdistan comme touristes, évitant ainsi d'avoir à compter sur un garant local.

D'autres n'ont pu accéder à la région et se retrouvent dans des camps proches du point de contrôle d'Al-Khazar, principale route reliant les zones arabes du nord de l'Irak et Erbil.

Dindar Zebari, du département de Relations publiques du Kurdistan, a expliqué que les personnes se trouvant dans les camps étaient libres de partir, mais en l'absence de routes sûres et d'accès au transport aérien, il ne leur reste pas d'autre choix que de rester.

L'OIM (Organisation internationale des Migrations) a lancé un appel vendredi à Genève pour l'ouverture de couloirs humanitaires afin d'atteindre les dizaines de milliers de déplacés irakiens.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.