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Irak: les chances de Maliki de devenir Premier ministre s'amenuisent


Lundi 13 avril 2026 à 15h31

Bagdad, 13 avr 2026 (AFP) — Les chances de Nouri al-Maliki de devenir le prochain Premier ministre en Irak s'amenuisent, ont estimé lundi des sources politiques du pays, qui a été aspiré malgré lui par la guerre au Moyen-Orient.

En janvier, Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien à Bagdad si le responsable de 75 ans, perçu comme proche de l'Iran voisin, revenait au pouvoir.

M. Maliki avait alors refusé de renoncer, fort du soutien du Cadre de coordination, une alliance de factions chiites majoritaire au Parlement. Mais la situation s'est encore compliquée avec la guerre, qui a vu des groupes pro-iraniens en Irak lancer des attaques contre les intérêts américains.

"L'intérêt national, éviter les sanctions contre l'Irak et les problèmes avec les Etats-Unis" sont devenus prioritaires, explique à l'AFP une source proche de l'alliance.

Dans ces conditions, "je pense qu'il est difficile" pour M. Maliki de prendre la tête du prochain gouvernement, relève un proche de celui qui fut Premier ministre à deux reprises (entre 2006 et 2014) et entretient des liens étroits avec l'Iran.

D'autres sources politiques ont confirmé que les chances de Maliki s'étaient réduites.

Certains dirigeants auraient préféré reporter le processus jusqu'à ce qu'ils puissent évaluer l'impact du cessez-le-feu et des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran sur la région, notent deux d'entre elles.

Mais la pression politique monte pour aller de l'avant, d'autant que le pays est dirigé depuis plusieurs mois par une gouvernement intérimaire, mis en place à l'issue des législatives de novembre 2025.

Le Parlement a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi. Il dispose théoriquement de 15 jours pour nommer un Premier ministre et les responsables du Cadre de coordination se penchent actuellement sur la question.

Plusieurs noms circulent parmi les candidats potentiels, notamment celui du Premier ministre par intérim Mohamed Chia al-Soudani, qui souhaiterait rester.

Figure clef du Cadre de coordination, Humam Hamoudi, qui préside le Conseil suprême islamique d'Irak, a insisté dimanche pour que le choix d'un candidat se fasse "à l'unanimité" ou à la "majorité absolue afin de garantir la stabilité politique".

Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, le poste de Premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite et la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde.

Depuis l'invasion menée par les Etats-Unis qui a renversé l'ancien dirigeant Saddam Hussein en 2003, l'Irak est devenu un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre les deux pays.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.