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Irak: le gouvernement et les Kurdes règlent leur différend pétrolier


Mardi 2 decembre 2014 à 20h47

Bagdad, 2 déc 2014 (AFP) — Le gouvernement irakien et la région autonome du Kurdistan ont conclu mardi un accord pour régler un long différend sur les exportations pétrolières, ce qui devrait favoriser leur coopération dans la lutte contre les jihadistes.

Il prévoit que le Kurdistan mette à disposition du gouvernement fédéral 250.000 barils par jour à partir de début 2015, tandis que 300.000 barils seront transférés de la province disputée de Kirkouk.

Cet accord, scellé à Bagdad en présence du Premier ministre fédéral Haidar al-Abadi et du Premier ministre de cette région autonome Nechirvan Barzani, pourrait aider l'Irak à porter sa production -- estimée à 2,5 millions de barils par jour -- au dessus des 3 millions et à réduire son déficit.

Le pétrole sera transporté par le réseau de pipelines kurdes mais sous le contrôle de la compagnie pétrolière fédérale.

En contrepartie, Bagdad va débloquer la part dévolue au gouvernement régional kurde dans le budget national, gelée depuis plus d'un an en raison du différend pétrolier qui empoisonnait les relations entre Bagdad et le Kurdistan.

Une partie du budget fédéral de la Défense sera en outre consacrée aux peshmergas, les forces militaires kurdes.

"Nous avons conclu un accord qui bénéficiera aux deux parties", s'est félicité M. Barzani. "Le Premier ministre fédéral s'est déclaré prêt à garantir un milliard de dollars du budget irakien pour les forces peshmergas".

Ce chiffre n'a pas été confirmé par les services de M. Abadi.

- 'Unité et compromis' -

Le gouvernement fédéral irakien estime que l'énergie produite dans les régions appartient au pays tout entier alors que le Kurdistan traite directement avec des compagnies pétrolières car il estime que le pétrole produit sur son sol est sa propriété.

Depuis un an, cette crise avait créé "des dissensions qui menaçaient non seulement les intérêts économiques, sécuritaires et politiques mais également l'unité nationale", avait déclaré à la mi-novembre le ministre du Pétrole Adel Abdel Mahdi.

En juillet, les autorités kurdes étaient allées jusqu'à annoncer leur volonté de tenir un référendum d'indépendance.

Les relations s'étaient tendues lorsque, à l'occasion de la déroute de l'armée fédérale face au groupe Etat islamique (EI) dans le nord, les forces kurdes avaient pris le contrôle de zones fédérales disputées proches de la région kurde, notamment autour de Kirkouk.

Elles se sont améliorées depuis l'arrivée au pouvoir en août de M. Abadi, qui a assuré lundi que les négociations avec les Kurdes n'étaient en rien un signe de faiblesse de sa part.

L'envoyé spécial de l'ONU en Irak Nickolay Mladenov a salué l'accord de mardi, appelant les deux parties à "traiter les priorités urgentes dans le même état d'esprit d'unité et de compromis".

Le secrétariat d'Etat américain John Kerry a lui loué un accord équitable qui "renforcera et le gouvernement fédéral irakien et le gouvernement régionale du Kurdistan alors qu'ils travaillent ensemble à défaire" l'EI.

L'accord est intérimaire et les deux parties vont continuer à négocier pour résoudre les points en suspens.

Ces "négociations pourraient durer six mois ou plus", a prévenu M. Barzani.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.