
Samedi 24 janvier 2026 à 21h37
Bagdad, 24 jan 2026 (AFP) — La principale alliance chiite irakienne, qui détient la majorité au Parlement, a apporté samedi son soutien à la candidature de l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki pour un nouveau mandat à la tête du gouvernement.
Le Cadre de coordination, une alliance de factions chiites ayant des liens divers avec l'Iran, a déclaré dans un communiqué avoir "décidé, à la majorité des voix, de désigner" M. Maliki au poste de Premier ministre "en tant que candidat du plus grand bloc parlementaire".
Cela garantit à cette figure centrale de la vie politique irakienne, âgé de 75 ans, d'occuper ces fonctions quand le président irakien en désignera officiellement le titulaire.
Le communiqué évoque "son expérience politique et administrative et son parcours dans la gestion de l'Etat".
M. Maliki doit reprendre la tête de l'exécutif dans un contexte de bouleversements majeurs au Moyen-Orient, marqué par le déclin de l'influence régionale de Téhéran et la montée des tensions avec Washington.
Il est le seul Premier ministre à avoir effectué deux mandats (2006-2014) depuis l'invasion américaine de 2003, qui a mis fin au pouvoir de Saddam Hussein.
Depuis cette date, conformément à l'usage en Irak, le poste de Premier ministre revient à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite, tandis que la présidence de la République, largement honorifique, est attribuée à un Kurde.
Après les législatives de novembre, le Cadre de coordination, dont fait partie M. Maliki, a constitué le bloc majoritaire. L'alliance a ensuite engagé d'âpres discussions pour désigner le prochain chef du gouvernement, parallèlement à des négociations avec des partis sunnites et kurdes sur la répartition des autres postes.
Le Parlement irakien a élu un président le mois dernier et doit se réunir prochainement pour élire un nouveau président de la République. C'est lui qui nommera ensuite le successeur de l'actuel chef du gouvernement, Mohamed Chia al-Soudani.
M. Maliki a, par le passé, été accusé de corruption et d'avoir nourri les fractures confessionnelles qui ont miné le pays jusqu'à l'essor du groupe jihadiste Etat islamique, sans toutefois perdre en influence sur la scène politique irakienne.
Considéré comme proche de l'Iran, il a également coopéré avec les Etats-Unis au cours de ses précédents mandats.
Dans un pays qui a été pendant des décennies un champ de bataille par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, il devra répondre à la demande de longue date de Washington d'un désarmement des factions irakiennes soutenues par Téhéran, dont beaucoup sont classées "terroristes" par les Etats-Unis.
Des responsables et diplomates irakiens ont déclaré à l'AFP le mois dernier que Washington avait exigé que le futur gouvernement procède au démantèlement de ces groupes, bien que la plupart d'entre eux soient représentés au Parlement et jouissent d'une forte influence politique et financière.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.