
Vendredi 3 octobre 2014 à 15h42
Ramadi (Irak), 3 oct 2014 (AFP) — Le groupe Etat islamique (EI) a pris vendredi le contrôle d'une partie d'une ville à l'ouest de Bagdad, alors que l'armée reprenait aux jihadistes une dizaine de villages au nord de la capitale, a-t-on appris auprès de sources policière et kurde.
Les jihadistes avaient tenté jeudi de prendre d'assaut le quartier général de la police de Hit, un des derniers bastions du gouvernement dans la province occidentale d'Al-Anbar.
Les affrontements avaient fait 20 morts dans les rangs de l'EI et 11 au sein des forces de sécurité dans cette ville située à 150 km à l'ouest de Bagdad.
"Les assaillants sont revenus (vendredi) et ont attaqué plusieurs (autres) secteurs, ils contrôlent maintenant trois quartiers de la ville. Ils ont hissé leur drapeau noir sur plusieurs bâtiments et mis le feu à cinq postes de police", a indiqué un officier de police.
Les combats, qui se poursuivaient de manière sporadique, ont coûté la vie à douze jihadistes, selon un officier de l'armée.
Selon un autre responsable, les forces pro-gouvernementales contrôlent toujours la majeure partie de Hit, ainsi que les routes menant vers la Syrie au nord-ouest et vers Tikrit à l'est.
Le major-général Qassem al-Mahalawi, un responsable militaire de la province, a précisé que des renforts avaient été envoyés à Hit.
Dans la province d'al-Anbar, à majorité sunnite, le gouvernement tient toujours le barrage de Haditha, au nord de Hit, une zone où les avions de la coalition internationale anti-jihadistes, menée par les Etats-Unis ont frappé l'EI à plusieurs reprises.
Une partie d'Al-Anbar, comme Fallouja, était déjà entre les mains de l'EI avant le début d'une vaste offensive de l'EI en juin au nord de Bagdad.
Les progrès du groupe extrémiste dans la région compliquent le ravitaillement des forces gouvernementales. Selon des responsables militaires, 240 soldats se trouvent notamment piégés dans une base à Albou Aitha, à l'ouest de Bagdad, avec très peu de vivres.
- L'EI fait exploser un pont -
Ces derniers jours, l'armée a enregistré plusieurs échecs dans cette province, notamment quand les jihadistes ont attaqué des bases militaires près de Fallouja, causant la mort ou la disparition de 155 soldats.
Les forces irakiennes, aidée des peshmergas et de milices chiites, ont cependant repris en 48h à l'EI neuf villages entre Touz Khourmatou (175 km au nord de Bagdad) et Tikrit (160 km au nord de Bagdad), selon des responsables locaux.
"A 05H00 (02H00 GMT), les peshmergas et les forces irakiennes ont attaqué plusieurs zones entre Touz Khourmatou et Tikrit, afin d'atteindre le pont de Zerga", qui enjambe un affluent du Tigre, a annoncé Mullah Karim Shoukour, l'un des responsables de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK).
"Au cours de cette offensive, les forces de l'EI qui se retiraient ont fait exploser le pont, laissant des dizaines de cadavres derrière eux", a-t-il ajouté.
Shallal Abdoul, le maire de Touz Khourmatou, a affirmé à l'AFP que cinq villages avaient été repris jeudi, et quatre de plus vendredi.
La ville de Tikrit, fief de Saddam Hussein, est sous le contrôle de l'EI depuis les premiers jours de leur offensive. L'armée a tenté de la reprendre à plusieurs reprises.
Par ailleurs, des frappes aériennes ont été menées sur des cibles de l'EI au nord de Touz Khourmatou vendredi, selon des sources de sécurité.
Seize jihadistes seraient morts dans ces frappes, selon un responsable de la police de Kirkouk, un chiffre qui n'a pu être vérifié immédiatement.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.