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Irak: l'armée turque rejette des critiques de l'opposition sur son offensive


Mercredi 5 mars 2008 à 11h32

ANKARA, 5 mars 2008 (AFP) — L'armée turque a rejeté mardi soir des critiques de l'opposition parlementaire sur la façon dont elle a mené son offensive contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak, après avoir été soupçonnée notamment d'avoir mis fin à cette opération sous pression américaine.

Dans un communiqué publié sur son site internet, l'état-major rejette comme "injustes" des critiques émises par le Parti d'action nationaliste (MHP) et le Parti républicain du peuple (CHP) à propos de la conduite des opérations, menées du 21 au 29 février contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Pour la première fois dans notre lutte menée pendant 24 ans contre le terrorisme, les forces armées turques ont été la cible de ces attaques insensées", souligne l'état-major.

"Ces attaques portent atteinte à la détermination des forces armées à lutter contre le terrorisme, plus que ne le font les traîtres", ajoute le texte.

Le chef du MHP, Devlet Bahçeli, avait critiqué mardi l'armée, fait rare de la part de ce parti qui soutient traditionnellement l'armée turque, et notamment la façon dont a été annoncé le retrait des troupes.

M. Bahçeli a également affirmé que dans le bilan qu'elle a fourni de l'opération, l'armée a renforcé l'image des "terroristes" du PKK en parlant d'eux comme d'une "force conventionnelle".

Les communiqués de l'armée avaient utilisé les termes de centres de commandement, d'installations logistiques et de batteries de DCA.

Le leader du CHP, principal parti d'opposition au Parlement, Deniz Baykal, s'était lui demandé pourquoi l'armée s'était retirée du nord de l'Irak sans avoir porté un coup fatal au PKK, qui a lancé en 1984 une lutte armée sanglante contre l'Etat turc.

L'armée s'était expliquée lundi sur son retrait du Kurdistan irakien, considéré comme une surprise et intervenu après des appels en ce sens du président américain George W. Bush et de son secrétaire à la Défense Robert Gates.

Le commandant en chef de l'armée, le général Yasar Büyükanit, avait affirmé que les objectifs fixés avaient été atteints et rejeté des allégations selon lesquelles l'incursion avait été brusquement interrompue sous la pression de Washington.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.