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Irak: HRW appelle à une enquête après la mort d'un garde de Hachémi


Vendredi 23 mars 2012 à 15h46

BAGDAD, 23 mars 2012 (AFP) — L'ONG Human Rights Watch a appelé vendredi les autorités irakiennes à enquêter sur des soupçons de torture ayant entraîné la mort d'un garde du corps de Tarek al-Hachémi, le vice-président en conflit depuis des mois avec Bagdad et réfugié au Kurdistan.

"Les déclarations que nous avons entendues et les photos que nous avons vues laissent à penser que des membres des forces de sécurité irakiens ont peut-être torturé à mort Amir Sarbout Zaidan al-Batawi alors qu'il était en détention", relève Joe Stork, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient, cité dans un communiqué.

"Il est indispensable que le gouvernement irakien fasse une enquête sur ce décès et en annonce publiquement les résultats", ajoute-t-il.

La mort sous la torture du garde avait été dénoncée mercredi par M. Hachémi, photos à l'appui.

Mais un haut responsable irakien, le général Hassan al-Baydhani, chef du commandement des opérations de Bagdad, avait affirmé jeudi à l'AFP que Batawi était mort "parce qu'il avait une grave maladie rénale, et qu'il avait refusé d'être examiné et soigné". Interrogé sur les photos, il avait répliqué qu'il était "facile de montrer n'importe quoi avec (le logiciel) Photoshop".

HRW indique avoir parlé à des membres de la famille du défunt, qui ont déclaré avoir vu sur son corps "des signes de torture, y compris sur des parties sensibles". Des clichés révèlent notamment des blessures et des brûlures à plusieurs endroits, souligne l'ONG.

"J'ai à peine réussi à le reconnaître. Il y avait des marques horribles et des traces de torture sur tout son corps. Il avait perdu environ 17 kilos depuis le jour de son arrestation", a indiqué un membre de sa famille à HRW.

Un mandat d'arrêt a été délivré en décembre contre M. Hachémi, un sunnite soupçonné d'avoir dirigé un groupe de tueurs. Il dénonce de son côté une chasse à l'homme à visées politiques de la part du Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki.

Jusqu'à présent, les dirigeants du Kurdistan ont refusé de le remettre aux autorités judiciaires de la capitale.

Le vice-président Hachémi a déjà affirmé ces derniers mois que ses gardes du corps et d'autres de ses employés étaient détenus dans des prisons secrètes où ils seraient torturés.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.