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Irak: ExxonMobil sommé de choisir entre le Kurdistan et son champ de Qurna


Samedi 12 novembre 2011 à 08h47

BAGDAD, 12 nov 2011 (AFP) — Le vice-Premier ministre irakien Hussein Chahristani a sommé le N°1 mondial du pétrole, le groupe américain ExxonMobil, de choisir entre son contrat avec le gouvernement de la région autonome du Kurdistan (nord) et le champ pétrolier qu'il exploite à Qurna-Ouest (sud).

"Nous démentons totalement les informations diffusées par certains médias selon lesquelles le vice-Premier ministre chargé de l'énergie aurait accepté qu'une compagnie américaine travaillant dans le sud de l'Irak puisse signer des contrats d'exploration avec le Kurdistan", affirme samedi un communiqué du bureau de M. Chahristani.

"Le gouvernement irakien traitera, avec toute compagnie qui viole les lois, de la même manière qu'il l'a fait auparavant et ExxonMobil a été informé à ce sujet", ajoute le communiqué, qui laisse clairement entendre que si la major américaine maintient son contrat avec le gouvernement du Kurdistan irakien, elle perdra son droit d'exploiter Qurna-Ouest.

Dans le passé, Bagdad avait interdit à toute compagnie pétrolière ayant un contrat avec le Kurdistan de participer à des appels d'offres dans le reste de l'Irak.

Le conseiller pour la communication du gouvernement régional kurde, Michael Howard, a confirmé samedi à l'AFP qu'ExxonMobil avait signé le 18 octobre à Erbil avec le ministère des Ressources naturelles du Kurdistan six contrats d'exploration au Kurdistan.

M. Abdel Mehdi al-Amidi, directeur général chargé des contrats du ministère irakien du Pétrole, avait affirmé vendredi que la major américaine risquait de perdre l'exploitation de Qurna-Ouest.

ExxonMobil est déjà présent en Irak et produit avec la compagnie anglo-néerlandaise Shell environ 370.000 barils de pétrole par jour dans le champ de Qurna-Ouest, le deuxième plus grand d'Irak avec des réserves estimées à 8,5 milliards de barils.

Il s'agit d'un contrat de service avec le gouvernement irakien où le cartel ne touche que 0,92 dollar par baril extrait.

Selon une source au ministère irakien du Pétrole, le gouvernement du Kurdistan irakien avait donné il y a quelques semaines 48 heures à Exxon-Mobil pour décider s'il voulait investir dans les champs pétroliers de la région autonome.

Des représentants de la compagnie ont demandé aux autorités irakiennes l'autorisation de signer un tel contrat, mais le vice-Premier ministre chargé de l'Energie, Hussein Chahristani, y a été totalement hostile.

Le ministère du Pétrole a envoyé une lettre officielle à ExxonMobil pour lui signifier que le pétrole d'Irak appartenait "à tous les Irakiens" et que les compagnies qui voulaient travailler en Irak devaient "signer uniquement avec le gouvernement" de Bagdad.

M. Chahristani a aussi demandé au ministère d'avertir la compagnie américaine qu'elle perdrait Qurna-Ouest si elle signait le contrat avec le Kurdistan.

La semaine dernière, des représentants de la major américaine ont rencontré M. Chahristani.

Selon Ruba Husari, expert en Pétrole qui dirige le site internet Iraq Oil Forum, "pour la première fois, une compagnie, et pas n'importe laquelle, a décidé, après avoir obtenu un énorme contrat avec Bagdad, de franchir la ligne rouge en signant un contrat qui n'est pas reconnu comme légitime par le gouvernement fédéral".

"Elle l'a fait car un contrat de partage des profits (comme le propose le gouvernement du Kurdistan) est bien plus lucratif qu'un contrat de service et parce que le consortium subit des retards de paiements du gouvernement central à Qurna-ouest", a-t-elle ajouté.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.