
Vendredi 13 mars 2026 à 17h46
Erbil (Irak), 13 mars 2026 (AFP) — Deux combattants d'une faction armée de l'opposition kurde iranienne, implantée dans le nord de l'Irak, ont été tués vendredi dans une attaque de drone ayant visé leur position dans une région montagneuse, a annoncé le parti Khabat.
"J'accuse l'Iran et ses milices" a indiqué à l'AFP Mardin Zahidi, membre du Khabat --Organisation de la lutte du Kurdistan iranien-- en référence aux groupes armés irakiens alliés à Téhéran.
Dans les montagnes de Baachiqa, près de Mossoul et du Kurdistan d'Irak, "une de nos positions a été attaquée par un drone. L'attaque a coûté la vie à deux combattants, et en a blessés quatre autres, dont un gravement", a-t-il précisé.
Le Khabat avait participé à la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), mis en déroute en Irak en 2017.
Avec le conflit qui déchire le Moyen-Orient, l'Iran a mené plusieurs fois des frappes contre des factions de l'opposition kurde iranienne, implantées au Kurdistan d'Irak depuis des décennies et qualifiées par Téhéran de groupes "terroristes" et "séparatistes" et accusés de mener des attaques contre les forces de sécurité iraniennes.
Un autre groupe armé de l'opposition kurde iranienne, le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), a indiqué vendredi qu'une "base civile" lui appartenant avait été visée à trois reprises, sans faire de blessé, à Jejnikan, près d'Erbil, capitale du Kurdistan autonome.
Mercredi, un combattant d'une autre faction, Komala, avait été tué dans une attaque de drone au Kurdistan d'Irak.
Dans les faits, après des décennies d'insurrection armée, ces mouvements de l'opposition kurde iranienne, très à gauche politiquement et nourris de nationalisme kurde, limitent drastiquement leurs activités militaires, même s'ils disposent de combattants qui s'entraînent au maniement des armes sur leurs bases dans les montagnes du Kurdistan irakien.
Et si leur lutte est désormais plus discrète, c'est notamment du fait des pressions de l'hôte irakien, qui s'est engagé auprès de Téhéran à empêcher toute attaque vers le territoire iranien.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.