
Mardi 28 avril 2026 à 13h50
Bagdad, 28 avr 2026 (AFP) — Des pourparlers qui s'annoncent compliqués débutent mardi en Irak sur la formation du gouvernement, après la nomination d'un Premier ministre, Ali al-Zaidi.
Cette nomination est survenue après des mois d'impasse en raison des fortes pressions américaines pour empêcher la nomination d'un ancien titulaire du poste, Nouri al-Maliki, perçu comme proche de l'Iran voisin.
Depuis l'invasion menée par les Etats-Unis qui a renversé Saddam Hussein en 2003, l'Irak, pays à majorité chiite, tente de maintenir un équilibre délicat entre ses liens avec les Etats-Unis et sa proximité avec Téhéran.
Lundi, le nouveau président irakien, Nizar Amedi, a chargé l'homme d'affaires Ali al-Zaidi de former une équipe gouvernementale, après que celui-ci a été choisi par le Cadre de coordination, alliance de factions chiites majoritaire au Parlement.
L'agence de presse officielle INA a indiqué lundi soir que cette coalition se réunirait mardi avec M. Zaidi pour discuter de la formation du gouvernement, citant un responsable du groupe.
Considéré comme une figure de compromis, cet homme d'affaires est peu connu dans les milieux politiques et n'a jamais occupé de fonctions gouvernementales.
Il a 30 jours pour former un gouvernement et entrera en fonction uniquement si l'équipe qu'il aura choisie est approuvée par le Parlement, un processus compliqué en Irak, pays multiethnique et multiconfessionnel.
La répartition des portefeuilles pourrait donner lieu à d'âpres disputes au sein du Cadre de la coordination d'une part et avec les autres composantes politiques comme des forces sunnites et kurdes.
M. Zaidi s'est dit déterminé à travailler "avec toutes les forces politiques pour former un gouvernement", a rapporté INA.
L'Irak a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.
Des groupes irakiens pro-iraniens ont visé des intérêts américains en Irak, où ces factions ont été elles-mêmes visées par des attaques imputées aux Etats-Unis ou à Israël.
Si M. Zaidi parvient à former un gouvernement, il remplacera Mohammed Chia al-Soudani, qui entretenait jusqu'à récemment de bonnes relations avec les Etats-Unis.
Mais les espoirs de M. Soudani d'obtenir un second mandat se sont envolés après qu'il a échoué à empêcher les groupes soutenus par Téhéran de cibler les intérêts américains.
Une source politique a indiqué à l'AFP que le Cadre de coordination avait choisi M. Zaidi "après s'être concerté" avec des représentants américains.
Victoria J. Taylor, directrice de l'Initiative Irak au sein du groupe de réflexion Atlantic Council, a déclaré sur X que "le Cadre ne l'aurait pas désigné sans avoir la certitude que les Etats-Unis accepteraient sa nomination".
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Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.