
Samedi 14 mars 2026 à 19h25
Bagdad, 14 mars 2026 (AFP) — Une attaque a visé samedi à l'aube l'ambassade américaine à Bagdad, après des frappes dans la capitale irakienne contre un influent groupe armé irakien pro-Iran ayant fait trois morts, selon des sources de sécurité.
Sans commenter l'attaque, l'ambassade américaine a appelé samedi soir ses ressortissants à quitter l'Irak "maintenant".
Avec la guerre, lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran et qui a embrasé le Moyen-Orient, l'Irak a été aspiré par le conflit: des groupes irakiens pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques de drone contre des militaires américains ou des sites pétroliers, tandis que les positions de ces factions armées sont visées par des frappes imputées à Washington ou Israël.
Samedi au lever du jour, un journaliste de l'AFP a vu de la fumée noire s'élever au-dessus de l'ambassade américaine, située dans l'ultra-sécurisée zone verte de Bagdad, abritant représentations diplomatiques, institutions internationales et instances gouvernementales.
Deux responsables sécuritaires interrogés par l'AFP ont évoqué une attaque de drone.
"Les citoyens américains devraient quitter l'Irak maintenant", a indiqué samedi soir l'ambassade sur son compte X.
"Des milices terroristes proIraniennes ont attaqué à plusieurs reprises" la zone verte, poursuit l'ambassade, évoquant également "des attaques répétées" près de l'aéroport international d'Erbil et le consulat dans la capitale du Kurdistan autonome.
"N'essayez pas de vous rendre à l'ambassade à Bagdad ou au consulat à Erbil, compte-tenu du risque de missiles et de drones", ajoute la représentation diplomatique.
L'attaque de samedi est la deuxième contre l'ambassade depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Elle intervient quelques heures après des frappes contre les Brigades du Hezbollah.
Le groupe armé pro-Iran, classé groupe "terroriste" par Washington, n'a publié aucune annonce dans l'immédiat.
- Tentative d'"assassinat"? -
Peu après 02H00 du matin (23H00 GMT), dans le quartier huppé d'Arassat, où des factions armées pro-iraniens sont installées, un tir de missile a visé une maison servant de locaux aux Brigades du Hezbollah, a indiqué à l'AFP un responsable de sécurité.
Trois combattants, dont un commandant, sont décédés dans ce bombardement, selon un bilan actualisé communiqué samedi à l'AFP par un responsable du Hachd al-Chaabi, coalition d'anciens paramilitaires englobant les Brigades du Hezbollah.
Des journalistes de l'AFP ont entendu de fortes déflagrations, avant que ne retentissent des sirènes d'ambulances. Des témoins ont dit avoir vu de la fumée blanche s'élever dans le quartier.
"Personne dans le quartier ne savait que cette maison était occupée par les Brigades du Hezbollah", a indiqué à l'AFP un riverain.
Les Brigades du Hezbollah ont tenu des funérailles à Bagdad pour rendre hommage aux trois combattants, parmi lesquels le commandant Abou Ali al-Amiri.
Le responsable du Hachd a qualifié l'attaque de tentative "d'assassinat ciblé". Des informations circulant en Irak ont suggéré que le chef du groupe, Ahmad al-Hamidawi, aurait été blessé, mais l'AFP n'était pas en mesure de les vérifier de manière indépendante.
Deux heures après l'attaque de Arassat, une frappe aérienne a visé un véhicule près d'un pont dans l'est de Bagdad.
Deux sources sécuritaires ont annoncé initialement un décès, avant que le responsable du Hachd ne contredise ce bilan, évoquant un blessé, également membre des Brigades du Hezbollah.
Le groupe fait partie de la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse pro-Iran qui revendique chaque jour depuis le début de la guerre "des dizaines" d'attaques de drones et de roquettes sur des bases accueillant des soldats américains, en Irak et au Moyen-Orient.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.