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Heurts en Turquie lors de commémorations de la capture d'Öcalan


Lundi 15 février 2010 à 13h31

DIYARBAKIR (Turquie), 15 fév 2010 (AFP) — Une manifestation organisée lundi à Diyarbakir, principale ville du sud-est turc, peuplée majoritairement de Kurdes, à l'occasion du onzième anniversaire de l'arrestation du chef rebelle kurde Abdullah Öcalan, a dégénéré en heurts avec la police, se soldant par de nombreuses arrestations, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Environ 3.000 personnes rassemblées dans le centre-ville ont dénoncé la capture le 15 février 1999 au Kenya d'Öcalan avant de tenter de marcher sur l'un des grandes axes de la cité.

Empêchés par les autorités d'avancer, les manifestants se sont heurtés à coup de pierres et de bâtons aux policiers anti-émeutes qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Une trentaine de manifestants ont été interpellés.

La plupart des commerces avaient fermé à Diyarbakir, mesure traditionnellement utilisée pour appuyer la cause kurde et protester contre l'Etat turc dans le sud-est de la Turquie.

A Istanbul, quelque 500 personnes ont manifesté à Taksim, sur la rive européenne de la métropole, en faveur du chef-fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon un photographe de l'AFP.

Plusieurs dizaines de manifestants ont fait fi des avertissements de la police de se disperser et ont affronté les forces de l'ordre qui ont aussi procédé à des jets de grenades lacrymogènes.

Des agents turcs, aidés par les services de renseignement américains, avaient capturé Öcalan à Nairobi, où le chef rebelle avait trouvé refuge plusieurs jours durant auprès de l'ambassade grecque. Il avait été transféré en Turquie et condamné à mort pour trahison en juin 1999, une peine commuée en prison à vie après l'abolition de la peine capitale.

Le conflit kurde en Turquie à fait 45.000 morts depuis le début de l'insurrection du PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne, en 1984.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.