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Guyane: la façade de la Cimade taguée par des écrits anti-irakiens et anti-kurdes


Vendredi 6 février 2015 à 20h11

Cayenne, 6 fév 2015 (AFP) — La façade des locaux de la Cimade à Cayenne en Guyane française a été taguée jeudi après-midi par des écrits xénophobes, a confirmé vendredi la Cimade à l'AFP.

Ces tags mentionnent: " La Guyane n'est pas une poubelle. Pas de Kurdes. Pas d'Irakiens", a constaté l'AFP.

L'association d'aide aux migrants a indiqué à l'AFP avoir porté plainte vendredi au commissariat de Cayenne

Le directeur départemental de la sécurité publique, le commissaire Olivier Le Cardinal, a indiqué ne pas avoir confirmation de cette plainte à 15H00 locales (19H00 à Paris).

Pour la Cimade cet acte a un lien avec l'interpellation le 25 janvier par la police aux frontières (Paf) à l'aéroport Félix Éboué de Matoury (20 km de Cayenne) de 16 personnes détentrices de faux passeports qui souhaitaient embarquer pour Paris.

Ces personnes se disent Yezidis (ethnie kurde) et assurent avoir fui la répression de l'État islamique en Irak, puis être arrivées en Guyane après un périple de plusieurs mois via la Turquie puis le Brésil.

Elles ont "déposé cette semaine un dossier en préfecture. Chacune d'elles espère obtenir un statut de réfugié sinon une protection subsidiaire", indique-t-on encore à la Cimade.

Interrogée sur les éléments tangibles que ces demandeurs d'asile pourraient présenter, la Cimade n'a pas souhaité répondre: "On a pris le parti de pas trop communiquer sur la situation des personnes, tant que la procédure n'est pas terminée. Le Moyen-Orient est loin mais c'est un dossier sensible. Il y a de la suspicion, de la confusion, ces tags sur notre façade en sont l'illustration . L'enquête de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) va décider de la véracité de leur itinéraire ou pas".

La Cimade indique néanmoins que parmi ces seize personnes, si "toutes parlent le kurde, l'une d'elles parle aussi l'anglais et deux ou trois d'entre elles sont arabophones, et maîtrisent l'arabe littéraire".

Ces personnes "ont déjà leurs convocations de l'Ofpra pour une visioconférence en début de semaine prochaine", ajoute-t-on. Faute d'Ofpra en Guyane, "elles vont être entendues par l'Ofpra de Guadeloupe par visioconférence, avec, simultanément, un interprète kurdophone qui sera au téléphone vraisemblablement depuis l'Hexagone".

Selon la Cimade, l'Ofpra "ne se déplacera donc pas en Guyane" pour ces personnes.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.