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Guerre au Moyen-Orient : les principaux développements


Lundi 2 mars 2026 à 21h37

Paris (France), 2 mars 2026 (AFP) — L'Iran promet une "longue guerre", disant avoir visé jusqu'aux bureaux du Premier ministre israélien en réponse aux frappes israélo-américaines. Washington répond être prêt à aller "aussi loin que nécessaire", y compris au sol et "bien au-delà" des quatre ou cinq semaines prévues. Mais le conflit s'étend, notamment au Liban et du Golfe jusqu'à Chypre.

Voici les principaux développements de la guerre lundi. L'AFP n'est pas en mesure dans l'immédiat de vérifier les bilans de manière indépendante.

- Trump : le pire "arrive bientôt" pour l'Iran -

Donald Trump a dit lundi qu'il n'hésiterait pas à envoyer des troupes américaines au sol en Iran "si c'était nécessaire", ajoutant que cette perspective ne lui donnait pas "le trac" (interview avec le New York Post).

Il a assuré par ailleurs à un journaliste de CNN que la "grande vague" de l'offensive américaine était encore à venir.

"Nous n'avons même pas encore commencé à les frapper fort. La grande vague ne s'est pas encore produite. La grande vague arrive bientôt".

A ce stade, les Etats-Unis ont frappé plus de 1.250 cibles dans les premières 48 heures du conflit (armée américaine).

- Quatre à cinq semaines" -

"Quatre à cinq semaines" : c'est l'estimation par le président Trump de la durée des opérations en Iran (au New York Times).

"Nous avons les capacités nécessaires pour aller bien au-delà", a-t-il cependant dit plus tard, lors d'une cérémonie à la Maison blanche.

Donald Trump a affirmé disposer de "trois très bons choix" de candidats pour diriger l'Iran à l'avenir, sans dévoiler de nom.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a auparavant déclaré que les Etats-Unis iraient "aussi loin que nécessaire pour défendre les intérêts américains".

Les Etats-Unis ont pris le contrôle de l'espace aérien iranien (chef d'état-major américain, général Dan Caine). Et Washington exclut un bourbier sur les modèles afghan ou irakien.

"Plus de règles stupides de combat, plus de bourbier visant à construire une nation, pas un exercice de construction de démocratie", selon M. Hegseth.

"Vous n'avez pas besoin d'envoyer 200.000 personnes et de rester pendant 20 ans" (Hegseth).

- Un quatrième soldat américain tué -

Un quatrième militaire américain a été tué, selon l'armée, après les trois premiers annoncés la veille. Aucun détail sur la localisation, ni sur l'identité du soldat.

Plusieurs avions de combat américains se sont écrasés au Koweït, mais les équipages ont survécu (ministère koweïtien de la Défense). Ils ont été abattus "par erreur par la défense aérienne koweïtienne" (Pentagone).

- Israël frappe Téhéran et menace ses alliés -

Lieutenant-général Eyal Zamir, chef de l'armée israélienne, aux alliés de l'Iran dans la région: "Nous frapperons tous les chefs et factions terroristes qui se lèvent pour nous faire du mal. Nous l'avons prouvé et nous continuerons de le prouver".

"Nous achèverons cette campagne non seulement en frappant l'Iran mais aussi en portant un coup dévastateur au Hezbollah" au Liban.

De puissantes explosions ont secoué Téhéran au cours de la journée. "L'armée de l'air israélienne, sous la conduite des services de renseignement israéliens, a lancé une nouvelle frappe d'envergure contre des cibles du régime terroriste iranien en plein coeur de Téhéran" (communiqué de l'armée).

"L'armée israélienne a frappé plus de dix quartiers généraux appartenant au ministère iranien du Renseignement ainsi que de nombreux quartiers généraux de la Force Qods", a déclaré l'armée dans un communiqué, en référence à l'unité d'élite des Gardiens de la Révolution qui supervise les opérations extérieures iraniennes.

Le Croissant-Rouge iranien a annoncé un bilan de 555 morts depuis samedi. Au moins 35 dans la province de Fars (sud), 27 dans le nord-ouest, au moins trois à Sanandaj (ouest), selon des responsables locaux. Pékin a annoncé la mort d'un ressortissant à Téhéran.

- Le pouvoir iranien "tombera" (Netanyahu) -

"Nous avons lancé cette campagne afin d'écarter toute tentative de renouveler des menaces existentielles et nous nous sommes également engagés à créer les conditions permettant au vaillant peuple iranien de se débarrasser du joug de la tyrannie" (Premier ministre israélien).

"Ce jour s'approche. Et quand il arrivera, Israël et les Etats-Unis seront aux côtés du peuple iranien. (...) Cela dépend d'eux".

- Fermeture des écoles et lieux de travail en Israël -

En Israël, "les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace" (armée). Fermeture jusqu'au 7 mars des écoles et des lieux de travail. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises à Jérusalem.

L'Iran a déclaré avoir lancé un barrage de missiles sur Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem-Est, puis annoncé de nouvelles frappes à la mi-journée.

- L'Iran ne "négociera pas" -

Le gouvernement a appelé la population iranienne à se rassembler à Téhéran en soutien à la République islamique. Des rassemblements se sont tenus dans différentes villes du pays, selon des images de la télévision iranienne.

Selon les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir, les forces armées iraniennes "ont attaqué 60 cibles stratégiques et 500 cibles militaires américaines et du régime sioniste" (Israël, ndlr) depuis le début de la guerre (communiqué).

"L'Iran, contrairement aux Etats-Unis, s'est préparé à une longue guerre" (Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, sur X). Téhéran "ne négociera pas avec les Etats-Unis" et se battra "quel qu'en soit le prix".

"L'ennemi doit savoir que ses jours de gloire sont révolus et qu'il ne sera plus en sécurité nulle part dans le monde, pas même chez lui", a déclaré l'unité d'élite des Gardiens, la Force Qods, qui supervise les opérations extérieures, dans un communiqué diffusé à la télévision d'Etat.

Les bureaux du Premier ministre israélien et le quartier général du commandant de l'armée de l'air" israélien ont "été pris pour cible" avec notamment des missiles Kheibar (communiqué des Gardiens à l'agence Fars).

Trois membres des Gardiens ont été tués dans la province du Lorestan, dans l'ouest. Dans une autre frappe à Khorramabad (ouest), cinq militaires sont morts (sources officielles iraniennes).

L'épouse de Khamenei a succombé à ses blessures (médias iraniens).

Le quartier général des Gardiens a été détruit (Pentagone).

L'Iran a accusé Israël et les Etats-Unis d'avoir de nouveau attaqué dimanche le site nucléaire de Natanz, déjà ciblé par des bombardements en juin.

- Le conflit s'étend au Liban -

Israël a appelé les habitants de plusieurs immeubles de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, à évacuer avant des frappes, tout comme ceux de 16 villages du sud et de l'est du Liban.

Israël a affirmé avoir tué dimanche dans la capitale le chef des services de renseignement du mouvement, Hussein Moukalled.

Le gouvernement libanais a interdit les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et lui demande de remettre ses armes (Premier ministre). Puissantes explosions à Beyrouth, de nombreux habitants fuient vers le sud du pays (journalistes AFP).

Interrogé sur une intervention terrestre au Liban, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne, a répondu "à court terme, dans l'immédiat, la réponse est non".

Mais "toutes les options sont sur la table. Nous agirons pour désarmer le Hezbollah", a par la suite déclaré le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, lors d'un point de presse télévisé.

Selon un dernier bilan officiel, les frappes israéliennes ont fait 52 morts et 154 blessés au Liban.

Elles pourraient durer de "nombreux jours" (chef de l'armée israélienne).

- Base britannique touchée à Chypre -

La piste de la base aérienne britannique d'Akrotiri à Chypre a été frappée, l'aéroport de Paphos et les environs de la base évacués.

Les drones ayant visé la base britannique ont été envoyés du Liban, selon une source gouvernementale chypriote.

La Grèce a envoyé deux frégates et des avions F-16 à Chypre (ministère de la Défense).

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a assuré lundi soir que ces bases n'étaient "pas utilisées et ne seront pas utilisées par les États-Unis", face à l'inquiétude suscitée sur l'île.

Il avait la veille déclaré autoriser d'utiliser les bases britanniques dans un objectif "défensif".

- Le Golfe visé -

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir attaqué dans le détroit d'Ormuz un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis.

"Le pétrolier ATHE NOVA, l'un des alliés américains dans le détroit d'Ormuz, est toujours en feu après avoir été touché par deux drones", a déclaré le Corps des Gardiens, l'armée idéologique de la République islamique.

L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers Sukhoï Su-24 en provenance d'Iran, et intercepté sept missiles balistiques et cinq drones (ministère de la Défense) après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat.

Bahrein: Un navire touché par "des projectiles d'origine inconnue" dans un port, provoquant un incendie, pas de victime (agence britannique de sécurité maritime). Une personne tuée dans un incident distinct (ministère de l'Intérieur).

Oman: Un pétrolier touché au large des côtes d'Oman, un ressortissant indien tué (autorités maritimes).

Arabie saoudite: l'armée saoudienne a relevé ses niveaux d'alerte (source proche de l'armée). "Des missiles iraniens ciblant la base du prince Sultan", qui abrite des militaires américains, "ont été de nouveau interceptés lundi matin" (source du Golfe).

Koweït: un correspondant de l'AFP a vu une épaisse fumée noire s'élever de l'ambassade des Etats-Unis, qui conseille de "ne pas venir" sur place. L'armée koweïtienne dit avoir intercepté plusieurs drones, et a annoncé qu'un sergent de la marine avait été tué lundi lors d'une mission, sans donner davantage de précisions sur les circonstances de son décès.

Les Emiratsarabes unis ont fait état lundi d'une attaque de drone ayant provoqué un incendie sur un site de stockage de carburant dans la capitale Abou Dhabi.

Des journalistes de l'AFP à Doha, Abou Dhabi et Dubaï ont entendu de fortes explosions.

- Attaques en Irak -

Explosions entendues près de l'aéroport d'Erbil qui héberge des troupes américaines. Des systèmes de défense antiaérienne proches de l'aéroport ont abattu des drones (équipes AFP).

L'ambassade américaine en Irak a ordonné à son personnel de se mettre à l'abri. L'ambassade de France en Irak a conseillé à ses ressortissants de quitter le Kurdistan autonome via la Turquie.

- Pétrole et gaz visés, les cours flambent

Arabie saoudite: des unités de la raffinerie de Ras Tanura, exploitée par la compagnie pétrolière nationale Saudi Aramco, ont été arrêtées "par précaution" (ministère à l'agence de presse saoudienne). Deux drones visant la raffinerie interceptés (ministère de la Défense).

Une attaque iranienne "concertée" sur les infrastructures pétrolières peut entraîner une réponse militaire de Ryad (source proche du gouvernement).

Qatar: la compagnie publique QatarEnergy a interrompu la production de gaz naturel liquéfié (GNL) après deux attaques iraniennes contre des sites majeurs (communiqué).

Il s'agit d'un réservoir d'eau appartenant à une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz, (40 km au sud de Doha) et d'une installation énergétique dans la cité industrielle de Ras Laffan (80 km au nord de la capitale), selon le ministère de la Défense.

Les prix du pétrole et du gaz ont flambé lundi.

Le gaz européen a bondi de plus de 39%, après un pic au-delà des 50% dans la journée, restant cependant encore très loin des niveaux atteints au début de la guerre en Ukraine.

A l'ouverture du marché pétrolier, le Brent, la référence internationale pour le baril d'or noir, s'est envolé de plus de 13%, dépassant les 82 dollars.

Il a finalement terminé la séance en hausse de plus de 7%, soit environ 15 dollars plus cher qu'en début d'année.

bur-dla-lpt/dth

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.