
Dimanche 15 mars 2026 à 16h04
Madrid, 15 mars 2026 (AFP) — L'Espagne a décidé de déplacer de manière "temporaire" ses militaires déployés en Irak en raison de "la détérioration actuelle de la situation sécuritaire" dans ce pays et au Moyen-Orient, a annoncé dimanche le ministère espagnol de la Défense, sans préciser leur nouvelle localisation.
"En raison de la détérioration actuelle de la situation de la sécurité et face à l'impossibilité de continuer à remplir les missions assignées, l'Espagne a décidé la relocalisation temporaire du Groupe d'opérations spéciales, dans l'attente de l'évolution de la situation", a indiqué le ministère dans un communiqué.
"Ils se trouvent désormais tous dans des lieux sûrs et rien n'est à signaler", a-t-il ajouté, sans donner davantage de détails sur le nouvel emplacement des militaires pour des raisons de sécurité.
Le redéploiement a été effectué "en étroite coordination et collaboration avec les autorités irakiennes", selon le ministère, qui assure que "l'engagement de l'Espagne aux côtés de la coalition internationale et en faveur de la stabilité de l'Irak demeure inchangé, mais la volatilité et la fragilité de la situation dans la région obligent à prendre cette décision".
L'Espagne compte quelque 300 militaires déployés en Irak, selon les données publiques de l'état-major espagnol.
Environ 180 d'entre eux font partie d'une opération dirigée par la coalition internationale de lutte contre les jihadistes du groupe État islamique, à laquelle l'armée espagnole participe depuis 2015. Elle apporte également son soutien à la mission de l'Otan en Irak.
La guerre déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran a également touché l'Irak, où au moins 49 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, selon un décompte de l'AFP basé sur les déclarations de groupes armés et de responsables officiels.
Parmi elles figure un soldat français mort dans une attaque de drone dans la région d'Erbil, dans le Kurdistan irakien. L'armée américaine a, de son côté, fait état vendredi de six morts dans l'accident d'un avion-citerne.
Le gouvernement espagnol dirigé par le socialiste Pedro Sánchez a réitéré son opposition à la guerre en Iran, qu'il a qualifiée d'"erreur extraordinaire", estimant qu'il s'agit d'une "intervention illégale" en dehors du cadre international.
Ces déclarations lui ont valu les critiques du président américain Donald Trump, qui l'a également fustigé pour ne pas avoir laissé l'armée américaine utiliser deux bases situées dans le sud de l'Espagne pour attaquer l'Iran.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.