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Grippe aviaire: visite d'experts de l'OMS à Soulaimaniyah


Jeudi 9 février 2006 à 11h26

SOULAMANIYAH (Irak), 9 fév 2006 (AFP) — Une délégation d'experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a entamé jeudi une visite de trois jours à Soulaimaniyah, principale ville du Kurdistan irakien, pour aider les autorités alors que deux décès dus à la grippe aviaire ont été dépistés.

"Nous sommes venus, à la demande des ministères irakien et kurde, pour étudier les moyens mis en oeuvre pour enrayer le risque de pandémie et apporter notre soutien aux efforts déployés par le gouvernement local", a déclaré à la presse Naïma Hassan al-Kassir, chef de la délégation et représentante de l'OMS pour le Proche-Orient.

La délégation, qui regroupe entre autres des experts épidémiologistes, va examiner le premier cas de décès de cette maladie en Irak, celui de l'adolescente Chanjin AbdelKader, du village de Sarkabkane, dans la région de Rania.

"Nous allons nous y rendre", a dit Mme al-Kassir.

La délégation, qui a déjà eu une réunion de travail avec le ministre local de la Santé, Mohammad Khouchnou, entouré de ses principaux collaborateurs, doit encore rencontrer les responsables locaux de la province kurde.

"Nous tenons à rendre hommage à l'attitude du gouvernement local et des autorités irakiennes. Ils font preuve de transparence totale et traitent avec sérieux les cas confirmés et suspects", a-t-elle souligné.

Elle a déclaré la disposition de l'organisation mondiale à apporter "une aide matérielle, technique et logistique".

"Il y a une stratégie nationale en Irak pour lutter contre le risque d'épidémie, dans laquelle s'inscrit la stratégie de cette province. L'OMS soutient cette stratégie et considère que d'importants efforts de prévention ont été déployés et qu'ils ont été positifs", a dit cette responsable.

L'OMS est prête à "combler les lacunes", a-t-elle déclaré. "Nous allons examiner les capacités de Soulaimaniyah à faire face et étudier les moyens d'apporter notre aide", a-t-elle ajouté, précisant que l'aide porterait "sur l'envoi d'experts, l'équipement de laboratoires, l'envoi de laborantins pour former les gens sur place, des stages de formation".

Elle a évoqué le projet d'équiper Soulaimaniyah d'un laboratoire semblable à celui créé à Bagdad, avec le financement de l'Union européenne (UE).

"Nous allons également fournir une partie des médicaments nécessaires", a-t-elle dit.

Interrogé sur le retard mis pour l'envoi de médicaments, elle a indiqué qu'une partie des antiviraux avaient été achetés et étaient attendus dans la semaine. "Soulaimaniyah aura sa part".

Selon elle, ces livraisons sont financées par l'OMS, l'agence américaine USAID et le gouvernement irakien.

Un expert de l'OMS, Denis Coulombier, responsable du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, a ajouté qu'il s'agissait d'une "aide d'urgence".

"Il y a déjà une petite quantité disponible, à travers les donateurs. Il faut prévoir des quantités suffisantes. Nous travaillons avec les autorités pour les déterminer", a dit ce représentant de l'Union européenne.

Il a souligné qu'il y avait "un intérêt évident" pour "enrayer tout risque de maladie, la Turquie et l'Irak étant aux portes de l'Europe".

A la question de savoir si l'OMS allait examiner le cas suspect apparu à Amara (sud), il a indiqué que "des contacts" avaient "eu lieu avec des experts qui étudient ce cas", ajoutant que le correspondant local de l'OMS à Bassorah avait été sur place.

Le séjour des experts de l'OMS est entouré de mesures de sécurité draconniennes. Arrivés la veille, ils ont été hébergés dans une base américaine proche de la ville. Leur déplacement en convoi est protégé par des vehicules blindés américains.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.