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Grèce: enquête policière après l'enlèvement d'un réfugié kurde de Turquie


Samedi 1 juin 2013 à 23h51

ATHENES, 01 juin 2013 (AFP) — La police d'Athènes a ouvert samedi une enquête après la dénonciation par des ONG de l'enlèvement d'un jeune réfugié turc d'origine kurde dans un quartier du centre de la capitale grecque, a-t-on appris samedi de source policière.

Des avocats du Réseau grec de défense des réfugiés ont dénoncé à la police "l'enlèvement" jeudi soir de Bulut Yayla, un étudiant qui avait été torturé en Turquie et était arrivé il y a environ deux mois à Athènes, où il tentait d'obtenir l'asile politique.

"Alors que le réfugié traversait une rue du quartier athénien d'Exarchia jeudi soir, cinq hommes sortis d'une voiture l'ont attaqué et l'ont poussé dans le véhicule", ont déclaré vendredi dans un communiqué le Réseau de défense des réfugiés et le Conseil grec des réfugiés, une ONG qui dépend de la section grecque du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Les ONG soulignent qu'un retour forcé du jeune réfugié en Turquie constituerait "une violation de la Convention européenne des droits de l'Homme".

Elles estiment que la vie de Bulut Yayla "est en danger" et expriment leur "inquiétude, car les autorités turques exercent systématiquement des pressions sur la Grèce pour (l'arrestation) et la remise des réfugiés turcs (aux autorités turques)".

Selon les ONG, la police grecque a nié avoir arrêté le réfugié.

Athènes a été impliqué dans la capture par Ankara en 1999 du chef historique des rebelles kurdes de Turquie, Abdullah Öcalan. Ce dernier s'était caché à Athènes pendant deux jours avant d'être aidé par les services de renseignement grecs à gagner l'ambassade de Grèce au Kenya, où il avait finalement été arrêté le 15 février 1999 par des agents turcs avec l'aide des services de renseignement américains.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.