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France: un centre culturel kurde inculpé pour financement du terrorisme


Vendredi 7 decembre 2007 à 20h21

PARIS, 7 déc 2007 (AFP) — Le Centre culturel kurde de Paris a été mis en examen vendredi en tant que personne morale pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et financement du terrorisme pour ses liens présumés avec l'organisation séparatiste kurde PKK, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Le Centre Ahmet Kaya, au centre de Paris, était représenté par l'un de ses dirigeants Kargeha Ozgul. Il s'est vu infliger une caution de 14.000 euros.

Cette association a pour objectif de "favoriser l'insertion progressive" de la population kurde installée en région parisienne, selon le site internet du Centre.

La justice le soupçonne d'être en lien avec le PKK et de lui fournir un soutien financier.

Cette inculpation intervient dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en juillet 2006 et qui a conduit à l'interpellation et la mise en examen de 15 Kurdes en février dernier pour les mêmes chefs et "blanchiment d'argent en relation avec une entreprise terroriste".

De nationalité turque et australienne pour un d'entre eux et régulièrement installés en France, ils sont soupçonnés d'avoir participé au financement d'attentats commis en Turquie par le TAK, les "Faucons de la liberté", une émanation du PKK, ainsi qu'à des combats au Kurdistan irakien.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis, se bat depuis 1984 pour l'indépendance du Sud-Est de la Turquie à la population majoritairement kurde. Le conflit a fait environ 37.000 morts.

L'avocat du Centre, Me William Bourdon, s'est insurgé contre cette mise en examen qui selon lui "ne repose sur rien" et a annoncé son intention de faire une requête en annulation devant la chambre de l'instruction.

"A suivre le juge d'instruction, tous les mouvements de sympathisants kurdes doivent être assimilés avec le PKK, c'est inacceptable," a-t-il affirmé, dénonçant une "logique d'amalgame".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.