
Mardi 16 juin 2026 à 11h05
Paris (France), 16 juin 2026 (AFP) — Quatorze personnes seront jugées en France pour leur implication présumée dans la disparition de 31 migrants en novembre 2021 dans le naufrage le plus meurtrier à ce jour dans la Manche, a appris mardi l'AFP de source proche du dossier.
Les 14 mis en cause, liés à des réseaux de passeurs entre la France et l'Angleterre, sont poursuivis notamment pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation a une association de malfaiteurs, a précisé le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).
Les protagonistes sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. Ils sont suspectés d'avoir "participé, chacun à leur échelle, à des réseaux d'immigration illégale coopérant entre eux afin de tirer toujours plus de profits d'étrangers en situation irrégulière désireux de passer en Angleterre", selon les éléments du dossier.
Parallèlement, l'information judiciaire se poursuit pour des militaires mis en cause. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois, a appris l'AFP de sources proches du dossier.
Ce volet concerne au moins sept militaires français: cinq personnels du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.
Côté passeurs présumés, deux "filières" ont été mises au jour, correspondant à "deux réseaux communautaires", afghan et irako-kurde.
Les rôles attribués par le parquet aux 14 mis en cause sont divers: organisateurs de la traversée, chauffeurs, logeurs, etc. La plupart contestent leur responsabilité, certains, côté irako-kurde, s'étant présentés comme de simples migrants.
Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, s'est félicité auprès de l'AFP du futur procès: "Cette ordonnance est une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage dramatique".
"La première chaîne de responsabilité est identifiée avec les passeurs qui vont devoir répondre de leurs actes", poursuit l'avocat. Le procès sera également "l'occasion, nous y aspirons, pour certaines familles de victimes, de s'exprimer pour la première fois", souligne le conseil.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.