
Mercredi 18 juin 2014 à 17h25
Erbil (Irak), 18 juin 2014 (AFP) — La région autonome du Kurdistan irakien a formé un nouveau gouvernement mercredi après des mois de disputes sur la distribution des portefeuilles, le Premier ministre Nechirvan Barzani lançant à cette occasion un appel à défendre les territoires disputés du nord de l'Irak.
"Nous annonçons aujourd'hui la formation du gouvernement dans des circonstances compliquées", a annoncé Nechirvan Barzani, neveu du président de la région autonome du Kurdistan Massoud Barzani.
La répartition des ministères n'a pas été dans l'immédiat clairement indiquée, mais le gouvernement inclut le parti Goran, auparavant dans l'opposition.
La précédente coalition gouvernementale était formée du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de M. Barzani, et de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani, également président de l'Irak.
Les négociations pour former un gouvernement ont duré des mois après les élections législatives régionales du 21 septembre dernier, les principaux partis se disputant les ministères.
Le Premier ministre a également déclaré que "de même qu'en 2003, l'(unité kurde) était nécessaire pour protéger les acquis de notre peuple, il nous faut aujourd'hui tenir la même position pour protéger les zones du Kurdistan se trouvant en dehors de l'administration de la région".
Il faisait ainsi référence au renversement de Saddam Hussein en 2003 et aux territoires du nord de l'Irak que le Kurdistan veut incorporer dans sa région autonome, ce que Bagdad refuse.
Mais le chaos actuel en Irak, où des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont lancé une vaste offensive le 9 juin, a permis aux Kurdes de prendre le contrôle d'une partie de ces territoires disputés.
Durant les premiers jours de cette offensive, les forces de sécurité ont fait preuve d'une très faible résistance, nombre de policiers ou de soldats abandonnant leurs positions.
Les Peshmergas, forces Kurdes, se sont engouffrés dans la brèche et ont ainsi pris le 12 juin le contrôle de la ville pétrolière de Kirkouk, à 240 km au nord de Bagdad, pour la protéger d'un possible assaut de l'EIIL, qui tient d'autres zones de la province.
Mercredi, le président Barzani a rappelé des anciens membres des forces kurdes à reprendre du service pour "soutenir les forces Peshmergas et se préparer à toutes les possibilités".
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.