
Vendredi 13 février 2026 à 14h28
Bagdad, 13 fév 2026 (AFP) — Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé vendredi avoir terminé son transfert de Syrie vers l'Irak de détenus soupçonnés d'appartenir au groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Dans un communiqué, le Centcom a déclaré avoir effectué un dernier transfert par avion la nuit du 12 février, et transféré au total depuis le 21 janvier "plus de 5.700 hommes adultes" vers des prisons irakiennes.
Le déplacement des prisonniers était justifié par des raisons de sécurité, ces hommes étant auparavant détenus par les combattants kurdes syriens, forcés de se retirer de vastes territoires du nord et du nord-est du pays, sous la pression de l'armée syrienne qui s'y était déployée.
Cette opération a pour objectif de "garantir que les détenus de l'EI restent en sécurité dans les centres de détention", a indiqué le Centcom.
Les Etats-Unis avaient précédemment annoncé qu'ils comptaient transférer environ 7.000 détenus.
L'amiral Brad Cooper, chef du Centcom, a salué l'équipe interarmées qui a mené à bien "cette mission exceptionnellement difficile au sol et dans les airs".
Une source de sécurité irakienne avait indiqué mercredi à l'AFP que des centaines d'étrangers, dont des Européens, figuraient parmi ces détenus.
La grande majorité, quelque 3.200, sont Syriens, tandis que 900 viennent de pays d'Europe, d'Asie ou de l'Australie, selon cette source.
La justice irakienne a annoncé l'ouverture de procédures judiciaires à leur encontre.
Les tribunaux du pays ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de personnes pour appartenance à l'EI, incluant de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient été transférés de Syrie.
Cela a valu à Bagdad des critiques des défenseurs des droits humains, qui ont dénoncé des procès expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace.
Bagdad et Washington ont exhorté les pays d'origine des détenus étrangers à les rapatrier, se heurtant aux réticences de dizaines de gouvernements, notamment occidentaux.
En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel.
Appuyé par la coalition menée par les Etats-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017.
En Syrie, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard. Elles ont emprisonné des milliers de membres présumés du groupe, et placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.