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Fin du camp de Grande-Synthe détruit par un incendie, affirme le préfet du Nord


Lundi 10 avril 2017 à 23h19

Grande-Synthe (France), 10 avr 2017 (AFP) — Le camp de Grande-Synthe, qui comptait 1.500 migrants, principalement des Kurdes irakiens, a été réduit lundi soir par un incendie à un "amas de cendres" et ne pourra pas être reconstruit, a déclaré le préfet du Nord sur place à des journalistes.

Le sinistre, extrêmement violent, s'est déclaré "en fin d'après-midi, vers 18H00, selon Olivier Caremelle, directeur de cabinet du maire (EELV) Damien Carême.

Selon le Centre opérationnel d'incendie et de secours (Codis) du Nord, l'incendie a fait une dizaine de blessés au moins.

Une rixe entre Afghans et Kurdes, qui a d'abord fait dans l'après-midi six blessés à l'arme blanche, est à l'origine du sinistre, toujours en cours à 1H00, a affirmé le préfet du Nord Michel Lalande.

"Il a dû y avoir des mises à feu volontaires en plusieurs endroits différents, ce n'est pas possible autrement. Il semble que ce soit lié à des rixes, entre Irakiens et Afghans, c'est l'enquête qui le dira", a déclaré de son côté M. Caremelle.

Les migrants ont été évacués du camp et seront relogés dans des hébergements d'urgence, a assuré le préfet, précisant que la ville de Grande-Synthe avait d'ores et déjà mis à disposition deux gymnases. A 00H50, 165 personnes avaient été mises à l'abri, selon la préfecture.

Une camionnette faisait des allées et venues sur un parking où attendaient des migrants, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Il ne restera qu'un amas de cendres, il sera impossible de remettre des cabanons à la place de ceux qui existaient auparavant", a déclaré le préfet Michel Lalande. "A ce que je peux voir par moi-même, tout a brûlé. Il reste une cuisine communautaire et le point d'information. Mais il est impossible de parcourir tout le camp et donc de se faire une idée vraiment précise de l'étendue des dégâts", a témoigné de son côté M. Caramelle.

De très nombreux pompiers se pressaient autour du camp pour maîtriser le sinistre, toujours en cours et visible à plusieurs km à la ronde.

Les rixes entre migrants se poursuivaient à 00H30, et les deux compagnies de CRS qui tentaient de les faire cesser progressaient difficilement, parfois visées par des pierres, selon le correspondant de l'AFP.

"Personne n'est en mesure d'expliquer comment ces événements ont pu arriver", a dit le préfet. Selon plusieurs témoignages, la discorde est venue de l'augmentation du nombre d'Afghans, arrivés à partir du démantèlement de la "Jungle" de Calais à la fin octobre 2016. Les Afghans étaient mécontents d'être parqués dans les cuisines collectives tandis que les Kurdes dormaient dans des chalets dont le nombre n'a pas été accru.

"La nature du camp a changé depuis l'arrivée des Afghans. Cela a provoqué des tensions palpables", selon le directeur de cabinet du maire.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.