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Fin des opérations de transfert des détenus de l'EI de Syrie vers l'Irak


Vendredi 13 février 2026 à 17h47

Bagdad, 13 fév 2026 (AFP) — Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a annoncé vendredi avoir achevé le transfert de milliers de détenus soupçonnés d'appartenir au groupe jihadiste Etat islamique de la Syrie vers l'Irak voisin.

L'objectif de cette opération est, selon le Centcom, de "garantir que les détenus de l'EI restent en sécurité dans les centres de détention", après le retrait des combattants kurdes qui géraient ceux où ils étaient retenus.

Le Centcom a déclaré avoir effectué un dernier transfert par avion la nuit du 12 février et emmené au total depuis le 21 janvier "plus de 5.700 hommes adultes" vers des prisons irakiennes. Les Etats-Unis avaient précédemment annoncé qu'ils comptaient transférer environ 7.000 détenus.

Le Centre national irakien pour la coopération judiciaire internationale (NCIJC), affilié au Conseil suprême de la magistrature, a annoncé que 5.704 détenus de 61 nationalités différentes étaient arrivés en Irak dans le cadre de ce transfert.

Parmi eux figurent 3.543 Syriens, 467 Irakiens et 710 ressortissants d'autres pays arabes, ainsi que plus de 980 autres étrangers, notamment des Européens (Allemagne, Pays-Bas, France, Belgique, entre autres), des Américains et des Australiens.

La justice irakienne a commencé à interroger les détenus avant d'engager des poursuites judiciaires à leur encontre, a indiqué le NCIJC.

En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant des massacres et réduisant des femmes et des filles en esclavage sexuel.

Appuyé par la coalition menée par les Etats-Unis, l'Irak a proclamé la défaite du groupe en 2017.

En Syrie, les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, ont défait l'EI deux ans plus tard. Elles ont alors emprisonné des milliers de membres présumés du groupe et placé des dizaines de milliers de leurs proches dans des camps.

En janvier, ces combattants kurdes syriens se sont retirés de vastes territoires du nord et du nord-est du pays, sous la pression de l'armée syrienne qui s'y était déployée.

Depuis lors, une grande partie des femmes et d'enfants de jihadistes présumés, qui étaient retenus dans le camp d'al-Hol (abritant quelque 24.000 personnes) l'ont quitté, selon des sources humanitaires et des témoins interrogés par l'AFP.

- "Beau travail" -

"Oeuvrer au transfert ordonné et sécurisé des prisonniers du groupe EI est essentiel pour éviter des évasions", avait avancé en janvier le Centcom.

"Nous apprécions la reconnaissance" par l'Irak "du fait que le transfert des détenus est essentiel à la sécurité régionale", a déclaré vendredi l'amiral Brad Cooper, chef du Centcom.

Il a salué le "beau travail" de "l'équipe interarmées qui a mené à bien "cette mission exceptionnellement difficile au sol et dans les airs".

Les détenus de l'EI ont été emmenés depuis la Syrie à la prison al-Karkh à Bagdad, un ancien centre de détention de l'armée américaine connu sous le nom de camp Cropper, où le président déchu Saddam Hussein a passé trois ans avant d'être exécuté.

Pour leur faire de la place, les autorités irakiennes ont transféré plusieurs milliers de prisonniers d'al-Karkh vers d'autres établissements, ont affirmé à l'AFP un avocat et un détenu, sous couvert d'anonymat.

La justice irakienne a déjà engagé des procédures judiciaires à l'encontre de membres présumés de l'EI, s'attirant les critiques des défenseurs des droits humains qui ont dénoncé des procès expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace.

Bagdad et Washington ont exhorté les pays d'origine des détenus étrangers à les rapatrier, mais se heurtent aux réticences de dizaines de gouvernements, notamment occidentaux.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.