
Dimanche 13 octobre 2013 à 12h32
ERBIL (Irak), 13 oct 2013 (AFP) — Le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a estimé que la création d'un Etat kurde indépendant était un objectif réalisable mais uniquement par la voie du dialogue.
Dans un entretien exclusif avec l'AFP à Erbil, M. Barzani a appelé les populations kurdes au dialogue avec les autorités des Etats dans lesquels elles vivent afin d'aboutir à un Etat indépendant pour les Kurdes.
"Avoir son propre Etat est un droit naturel pour le peuple kurde, mais cela ne peut se réaliser par la violence", a-t-il affirmé, estimant qu'il fallait donner le temps nécessaire à la réalisation de cet objectif.
Pour lui, nous vivons dans une "époque de dialogue, et nous encourageons le dialogue entre les Kurdes et tous les Etats qui se partagent le Kurdistan".
Les Kurdes sont principalement établis sur près d'un demi-million de kilomètres carrés aux confins de la Turquie, de l'Iran, de l'Irak et de la Syrie.
Leur nombre total est évalué, selon les sources officielles ou kurdes, entre 25 à 35 millions de personnes. Le plus grand nombre vit en Turquie (12 à 15 millions), suivie de l'Iran (environ 5 millions), de l'Irak (près de 4,5 millions) et de la Syrie (quelque 2 millions).
Revendiquant la création d'un Kurdistan unifié, les Kurdes sont considérés comme une menace constante à l'intégrité territoriale des pays où ils sont installés.
Les propos de M. Barzani interviennent alors que les pays de la région comptant des minorités kurdes sont traversés par des difficultés ou en guerre.
L'Iran est soumis depuis plusieurs années à des sanctions internationales à cause de son programme nucléaire, l'Irak vit au rythme des attentats quotidiens et la Syrie est plongée dans un conflit sanglant depuis deux ans et demi.
La Turquie est actuellement en pourparlers avec le PKK (rebelles indépendantistes kurdes), pour tenter de mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.
"Nous ne voulons pas réaliser nos objectifs aux dépens des autres et s'ils font face à un conflit, les Kurdes doivent faire partie du règlement et doivent y contribuer, et non le compliquer", a dit M. Barzani.
La capitale du Kurdistan irakien, Erbil, doit accueillir un congrès réunissant des représentants des populations kurdes dans les quatre pays de la région.
Selon M. Barzani, cette rencontre a pour but d'"unifier le discours kurde vis-à-vis du monde, des États de la région et des peuples avec lesquels ils cohabitent".
Ce congrès qui doit examiner "une stratégie générale" prône un "dialogue pacifique, de fraternité pour la recherche de solutions démocratiques pacifiques à la question kurde".
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.