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En Irak, attaques contre les bases américaines et manifestations pro-Iran


Dimanche 1 mars 2026 à 14h56

Bagdad, 1 mars 2026 (AFP) — Des frappes de missiles et drones ont ciblé dimanche le nord de l'Irak où sont déployées des troupes américaines, tandis qu'une foule manifestait à Bagdad criant vengeance pour la mort du guide suprême iranien.

Quatre combattants de l'ancienne coalition paramilitaire du Hachd al-Chaabi ont aussi été tués dans une frappe dans le centre du pays, que cette formation, intégrée à l'armée régulière, a imputé aux Etats-Unis et à Israël, au lendemain de la mort de deux combattants pro-iraniens.

L'Irak, allié clé de l'Iran, a décrété dimanche un deuil national de trois jours pour la mort d'Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine lancée samedi contre Téhéran. Le gouvernement a dénoncé "un acte d'agression flagrant".

Dimanche, les systèmes de défense américains ont intercepté au moins deux drones au-dessus d'Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, qui accueille les troupes de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Des explosions ont également été entendues, et de la fumée s'élevait dans le ciel, a-t-il constaté, tandis que des sirènes retentissaient au consulat américain.

Tôt dans la matinée, l'armée iranienne avait annoncé prendre pour cible des bases américaines dans cette région du nord de l'Irak.

- Six morts dans des bases du Hachd -

Alors que l'Irak, champ de bataille par procuration depuis des décennies entre Washington et Téhéran, a récemment retrouvé une certaine stabilité, Bagdad a averti qu'il ne souhaitait pas être entraîné dans le conflit entre les deux pays.

Mais plusieurs groupes armés irakiens soutenus par l'Iran ont déclaré qu'ils ne resteraient pas "neutres" et défendraient la République islamique.

Parmi eux, le puissant mouvement Kataëb Hezbollah a averti samedi d'attaques contre des bases des Etats-Unis, après des frappes aériennes ayant fait deux morts dans la base de Jurf al-Sakher, tenue par le Hachd al-Chaabi, qui l'abrite dans le sud de l'Irak.

D'autres groupes pro-iraniens ont également affirmé avoir lancé des dizaines de drones contre "les bases ennemies en Irak et dans la région", sans fournir davantage de précisions.

Les quatre combattants tués dimanche l'ont été "dans une frappe aérienne contre leur base" dans la province centrale de Diyala, selon des responsables sécuritaires et une source au sein du Hachd.

Ce mouvement a ensuite dénoncé un "bombardement sionisto-américain", et publié des photos de leurs funérailles, où les proches en deuil brandissent des drapeaux iraniens et irakiens.

- "Pour toi,Khamenei!" -

À Bagdad, des centaines de manifestants, dont beaucoup masqués et vêtus de noir, se sont rassemblés tôt dimanche matin pour tenter de forcer l'entrée de la Zone verte, ultra-sécurisée, abritant l'ambassade américaine.

"Pour toi, Khamenei!", ont scandé des manifestants, certains lançant des pierres sur les forces de sécurité, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes, ont observé des journalistes de l'AFP.

"Le martyre de Sayyed Ali Khamenei nous a profondément affectés", a déclaré à l'AFP l'un des manifestant masqués, Ali. "Nous exigeons le retrait des forces d'occupation américaines d'Irak", a-t-il ajouté.

L'entrée de la zone verte a été fermée, et un important dispositif de sécurité déployé.

"Nous sommes ici pour exiger l'expulsion des Américains et la fermeture de l'ambassade du mal, cette Amérique qui a assassiné l'ayatollah Khamenei", a déclaré Abou Ali al-Kanani, 56 ans, à la tête d'un groupe de manifestants.

Le Grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité de l'islam chiite en Irak et lui-même né en Iran, a rendu hommage à Ali Khamenei, dont "le rôle unique à la tête de la République islamique d'Iran pendant de nombreuses années est évident pour tous".

Il a appelé le peuple iranien à "maintenir son unité", "à rester ferme et à contrecarrer les sinistres ambitions des agresseurs".

L'ambassade des États-Unis en Irak a exhorté ses ressortissants à limiter leurs déplacements et à se tenir prêts à se mettre à l'abri.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.