
Dimanche 10 août 2014 à 10h43
BAGDAD, 10 août 2014 (AFP) — Rappel des principaux développements depuis le début de l'offensive lancée le 9 juin par des insurgés sunnites menés par des jihadistes ultra-radicaux, qui se sont emparés de larges pans de territoires dans le nord et l'ouest de l'Irak.
--JUIN 2014--
- 10: Des centaines d'insurgés sunnites, appartenant notamment à l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), s'emparent de la 2e ville du pays, Mossoul, et d'une grande partie de sa province, Ninive (nord). Ils prennent le contrôle de plusieurs secteurs dans deux provinces proches, Kirkouk et Salaheddine. A de nombreux endroits, les forces de sécurité abandonnent leurs positions.
L'EIIL, qui bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, contrôlait déjà depuis janvier Fallouja et plusieurs autres secteurs de la province occidentale d'Anbar, voisine de Ninive.
- 11: Les insurgés s'emparent de Tikrit, chef-lieu de la province de Salaheddine (nord).
- 12: Les forces kurdes prennent le contrôle de la ville pétrolière de Kirkouk, afin de la protéger d'un possible assaut des insurgés.
- 15: Al-Adhim, dans la province de Diyala (est), tombe aux mains des jihadistes.
- 20: Le plus influent dignitaire chiite d'Irak, Ali Al-Sistani, appelle à chasser les insurgés et à la formation "d'un gouvernement efficace" qui "évite les erreurs du passé", critique implicite contre le Premier ministre Nouri al-Maliki. Celui-ci, un chiite, est accusé d'avoir mené une politique confessionnelle qui a marginalisé la minorité sunnite et préparé le terrain à l'offensive jihadiste.
- 23: Les insurgés s'emparent de Tal Afar (province de Ninive) et de son aéroport.
- 29: L'EIIL proclame l'établissement d'un califat sur les territoires conquis en Irak et en Syrie, avant d'annoncer qu'il change le nom du groupe en "Etat islamique" (EI). Il déclare Abou Bakr Al-Baghdadi "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde.
--JUILLET--
- 3: Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, demande au Parlement de la région autonome d'organiser un référendum d'indépendance.
- 5: Abou Bakr Al-Baghdadi apparaît dans une vidéo publiée sur des sites jihadistes, appelant tous les musulmans à lui "obéir".
- 18: Les chrétiens de Mossoul fuient en masse après un ultimatum des jihadistes.
--AOUT--
- 2-3: L'EI s'empare de plusieurs villes tenues par les Kurdes, dont Sinjar et Zoumar, près de la frontière syrienne, infligeant un sérieux revers aux peshmergas (forces kurdes). Des dizaines de milliers de civils, dont beaucoup issus de la minorité yazidie, fuient, en direction notamment des montagnes inhospitalières.
- 4: Maliki ordonne aux forces aériennes d'apporter leur soutien aux peshmergas.
- 7: Des jihadistes s'emparent de Qaraqosh, plus grande ville chrétienne d'Irak, poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir. Ils prennent le barrage de Mossoul, le plus grand du pays.
Le président américain Barack Obama autorise des frappes militaires ciblées "pour protéger les civils pris au piège" ainsi que les personnels américains, évoquant un risque de génocide.
- 8: Les Etats-Unis s'impliquent directement pour la première fois depuis le retrait de leurs troupes en 2011 en bombardant des positions des jihadistes.
- 9: Barack Obama promet de poursuivre les frappes aériennes pour aider les populations menacées, appelant à la formation d'un gouvernement d'union. "Je ne vais pas donner de calendrier précis" sur la durée des frappes. "Nous n'allons pas régler le problème en quelques semaines. Je pense que cela va prendre un certain temps".
Londres annonce un largage "imminent" d'aide humanitaire. Paris évoque des livraisons "dans les prochaines heures" d'équipements de premiers secours.
- 10: La Grande-Bretagne commence à larguer de l'aide humanitaire aux populations menacées dans le nord de l'Irak.
Visite en Irak du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui appelle à un gouvernement d'union pour "mener la bataille contre le terrorisme", et doit superviser la livraison d'une première aide humanitaire française.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.