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Des partis kurdes iraniens basés en Irak forment une coalition contre Téhéran


Dimanche 22 février 2026 à 21h18

Souleimaniyeh (Irak), 22 fév 2026 (AFP) — Plusieurs groupes kurdes iraniens basés en Irak, qui soutiennent le mouvement de contestation contre Téhéran, ont annoncé dimanche la formation d'une coalition politique visant à "renverser la République islamique" et à garantir, à terme, l'autodétermination kurde.

Des factions de l'opposition kurde iranienne, qualifiées de "terroristes" et "séparatistes" par Téhéran, sont basées dans la région autonome du Kurdistan irakien, à la frontière avec l'Iran.

Elles ont été à plusieurs reprises la cible de frappes de l'Iran, qui les accuse d'avoir mené des attaques contre ses forces.

Cinq de ces organisations ont décidé d'unir leurs forces afin "d'affirmer (leur) présence au vu du contexte politique actuel en Iran, où le régime de la République islamique a perdu toute légitimité politique mais demeure malheureusement au pouvoir".

Pour soutenir la contestation réprimée dans le sang par les autorités iraniennes en janvier, il faut des "efforts politiques coordonnés et conjoints, sur le terrain, entre les partis politiques kurdes, les organisations de la société civile et d'autres groupes à travers l'Iran", a estimé la coalition dans un communiqué.

Celle-ci, baptisée "Coalition des forces politiques au Kurdistan d'Iran", dit avoir pour objectif principal de "renverser la République islamique d'Iran et assurer l'autodétermination des Kurdes".

Elle comprend le Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), le Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI) et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK).

Le ministère de l'Intérieur de la région autonome a protesté, assurant qu'il "ne laisserait aucun acteur utiliser le Kurdistan contre un pays voisin".

Les factions kurdes iraniennes, souvent armées et certaines d'idéologie socialiste, ont largement abandonné leur insurrection pour se concentrer sur le militantisme politique.

Mais elles disposent de combattants, qui s'entraînent au maniement des armes sur des bases dans les montagnes du Kurdistan d'Irak (nord).

Elles avaient appelé le mois dernier à une grève générale en soutien aux protestations contre le pouvoir en Iran.

En 2022, l'Iran a frappé des militants kurdes iraniens en exil, les accusant d'avoir fomenté les manifestations déclenchées par la mort en détention de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini.

Les Kurdes constituent l'une des plus grandes minorités non-perses en Iran. Ils sont également présents en Irak, en Syrie et en Turquie.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.