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Des experts de l'ONU appellent la Turquie à cesser "la criminalisation" des défenseurs des droits humains


Mardi 31 mars 2026 à 19h27

Genève, 31 mars 2026 (AFP) — La "criminalisation persistante" des défenseurs des droits humains et des avocats qui s'appuie sur les lois antiterroristes en Turquie doit prendre fin, ont exhorté mardi des experts de l'ONU.

La législation antiterroriste turque, régulièrement dénoncée par les défenseurs des droits humains "ne doit pas servir à restreindre arbitrairement les droits à la liberté d'expression, d'opinion, de réunion pacifique et d'association, ni à autoriser ou justifier une détention arbitraire", ont déclaré ces cinq experts indépendants mandatés par l'ONU.

Dans un communiqué, ces derniers appellent Ankara à "cesser la criminalisation persistante des défenseurs des droits humains et des avocats" à l'aide de ces lois.

Parmi ces derniers "clairement pris pour cible", les experts mentionnent en particulier des membres de l'Association des droits de l'homme tels que Hatice Onaran, condamnée en 2024 pour "violation de la loi sur le financement du terrorisme" pour avoir fourni de petites sommes d'argent à des détenus malades et démunis.

Condamnée à quatre ans et deux mois de prison, elle a été libérée en février pour une durée de six mois pour raisons médicales, mais son avocate, Suna Bilgin, a été condamnée en décembre à six ans et trois mois de prison pour sa défense d'anciens membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée comme terroriste, indiquent les experts.

"Nous sommes préoccupés par le fait que la condamnation de Mme Bilgin soit liée à son activité d'avocate", notent ces derniers, évoquant aussi le cas de deux autres militants de l'association, Tugba Kahraman et Mehmet Acettin, inculpés en février dans des affaires identiques.

Les experts, qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU, rappellent que "l'utilisation abusive des lois antiterroristes" et le cas de l'Association des droits de l'homme ont fait l'objet de plusieurs lettres adressées au gouvernement turc.

Ils indiquent également être en contact avec les autorités, qu'ils appellent "à respecter pleinement le droit international des droits de l'homme et à veiller à ce que sa législation antiterroriste contienne une définition précise et ciblée du terrorisme, conforme aux principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de non-discrimination".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.