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Des Européens figurent parmi les 150 détenus de haut rang de l'EI transférés vers l'Irak (responsables irakiens)


Vendredi 23 janvier 2026 à 13h24

Bagdad, 23 jan 2026 (AFP) — Des Européens figurent parmi les prisonniers de haut rang du groupe Etat islamique (EI) transférés de Syrie vers l'Irak voisin dans le cadre d'une opération militaire américaine, ont indiqué vendredi à l'AFP deux responsables de sécurité irakiens.

Ce groupe de détenus, transféré mercredi, est composé "de dirigeants de l'organisation Etat islamique et certains sont des criminels parmi les plus notoires", comprenant "des Européens, des Asiatiques, des Arabes et des Irakiens", a indiqué une de ces sources.

D'après une autre source de sécurité, 85 de ces prisonniers sont Irakiens et les 65 autres sont notamment d'origine "européenne, soudanaise, somalienne ou caucasienne" et ils sont tous désormais dans une prison de Bagdad.

Ils ont le rang d'"émir" au sein de l'organisation jihadiste et "tous ont participé aux opérations de l'EI en Irak", dont l'offensive qui avait permis en 2014 au groupe de s'emparer de vastes territoires en Irak et en Syrie, a ajouté cette source.

Mercredi, Washington avait annoncé avoir transféré 150 membres de l'EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, "vers un lieu sûr en Irak", et affirmé que jusqu'à 7.000 prisonniers pourraient être concernés.

La décision américaine est survenue alors que des affrontements entre l'armée syrienne et les forces kurdes, qui contrôlaient jusqu'ici les centres de détention depuis la défaite de l'EI en 2019, font craindre des brèches dans la surveillance.

Mardi, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, avaient annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand des camps de détention abritant des proches de jihadistes, pour défendre leurs régions du nord-est menacées par l'armée.

Celle-ci est entrée mercredi dans le camp d'al-Hol, où la situation est "volatile", a indiqué vendredi l'ONU, qui n'a pas pu y entrer depuis que l'armée s'y est déployée.

Les tribunaux irakiens ont par le passé condamné à la peine de mort et à la prison à vie des centaines de membres de l'EI, dont de nombreux combattants étrangers, dont certains avaient été transférés de Syrie.

L'Irak a déjà été épinglé pour des centaines de procès qualifiés d'expéditifs, des aveux obtenus sous la torture ou une représentation juridique inefficace, selon des défenseurs des droits humains.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.