Jeudi 29 juillet 2010 à 15h39
ANKARA, 29 juil 2010 (AFP) — La police a empêché jeudi un groupe de députés du principal parti pro-kurde de Turquie de se rendre dans une ville du sud du pays en proie à des violences entres Turcs et Kurdes après un attentat imputé aux rebelles kurdes du PKK, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
Un convoi transportant des parlementaires du Parti pour la paix et la démocratie (BDP) vers la ville de Dörtyol, dans la province de Hatay, a été bloqué par la police avant d'atteindre sa destination sur ordre du gouverneur de la province, invoquant un risque pour l'ordre public, selon l'agence.
Quatre policiers ont été tués dans une attaque à l'arme à feu contre leur véhicule lundi soir à Dörtyol, un attentat imputé par les autorités aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
L'attaque a provoqué des émeutes dans la ville, où plusieurs dizaines de manifestants ont, le même soir, jeté des pierres contre les locaux du BDP et tenté de les incendier, puis ont attaqué des commerces tenus par des Kurdes.
Des échauffourées entre groupes de manifestants kurdes et turcs se sont également produites mardi, obligeant la police à intervenir avec des grenades lacrymogènes pour disperser la foule.
La situation restait tendue jeudi, avec un millier de manifestants kurdes protestant contre l'interdiction de la visite du BDP, a affirmé la chaîne télévisée NTV.
La délégation du BDP avait prévu de se rendre à Dörtlyol pour témoigner de sa solidarité avec ses habitants kurdes, pas assez bien protégés par la police selon le parti, et appeler à la paix.
Le nombre d'attaques du PKK a largement augmenté depuis que son leader emprisonné à vie, Abdullah Öcalan, a annoncé en mai avoir abandonné tout effort de dialogue avec le gouvernement.
Le PKK, qui est considéré comme une organisation terroriste par Ankara et de nombreux pays, lutte pour l'autonomie du sud-est anatolien, peuplé en majorité de Kurdes. Le conflit, qui dure depuis 1984, a fait au moins 45.000 morts, selon l'armée.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.