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Demandes d'extradition turques: la Suède rappelle que sa justice est "indépendante"


Jeudi 30 juin 2022 à 21h09

Stockholm, 30 juin 2022 (AFP) — Les décisions suédoises en matière d'extradition sont prises par une justice "indépendante", a réagi jeudi soir le ministre suédois de la Justice, après que le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué une "promesse" suédoise d'extrader "73 terroristes" dans le cadre de leur accord sur l'Otan.

"En Suède, la loi suédoise s'applique avec des tribunaux indépendants", a affirmé le ministre de la Justice Morgan Johansson dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.

"Des personnes non-suédoises peuvent être extradées à la demande d'autres pays, mais seulement si c'est compatible avec la loi suédoise et la Convention européenne sur les extraditions", a-t-il insisté, rappelant également que les citoyens suédois ne peuvent être extradés.

L'accord signé mardi soir avec la Turquie pour lever le veto d'Ankara à l'entrée de la Suède et de la Finlande "dit clairement que nous respecterons la convention européenne" en matière d'extradition, selon Stockholm.

Moins de quarante-huit heures après l'accord entre les trois pays au sommet de l'Otan à Madrid, le président turc Erdogan a de nouveau menacé jeudi de bloquer l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'alliance atlantique.

Le chef de l'Etat turc a notamment évoqué lors d'une conférence de presse une "promesse faite par la Suède" concernant l'extradition de "73 terroristes". "Ils les renverront, ils l'ont promis. Cela figure dans des documents écrits. Ils tiendront leur promesse", a-t-il affirmé.

Sans se prononcer directement sur cette affirmation, le ministre suédois de la Justice a également rappelé jeudi soir que le dernier mot en matière d'extradition revenait à la Cour Suprême, "qui a un droit de veto sur les extraditions", et pas au gouvernement.

L'accord signé mardi soir, dont des nombreuses formulations sont sujettes à interprétation, a été accueilli avec soulagement par la Suède car il rouvre sa marche vers l'Otan.

Mais il suscite aussi de vives inquiétudes sur la réalité des concessions faites par Stockholm, notamment au sein de la communauté kurde.

Recep Tayyip Erdogan n'a pas donné de précisions jeudi sur les 73 personnes visées, mais Ankara réclame depuis plusieurs années l'extradition de militants kurdes ou proches du mouvement guléniste exilés en Suède.

Face aux inquiétudes, la Première ministre suédoise avait déjà rappelé mercredi que la Suède "continuerait à respecter la loi suédoise et le droit international" en matière d'extradition.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.