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Début de l'assaut pour prendre le bastion jihadiste de Raqa en Syrie


Mardi 6 juin 2017 à 09h38

Hazima (Syria), 6 juin 2017 (AFP) — Des combattants d'une alliance arabo-kurde syrienne soutenue par les Etats-Unis sont entrés mardi dans la ville de Raqa, au début de la "grande bataille" pour prendre au groupe jihadiste Etat islamique (EI) Raqa, leur principal bastion en Syrie.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) viennent d'annoncer le début de l'assaut contre la ville même de Raqa, sept mois après avoir lancé une offensive d'envergure qui leur a permis de s'emparer progressivement de vastes régions autour de la cité et de l'encercler.

"Nous déclarons aujourd'hui le début de la grande bataille pour libérer la ville de Raqa, la capitale (...) du terrorisme", a déclaré le porte-parole des FDS, Talal Sello, à des journalistes dans le village de Hazima, au nord de Raqa, ville du nord-est de la Syrie en guerre aux mains de l'EI depuis 2014.

Juste après, un commandant des FDS et une ONG ont annoncé l'entrée des FDS dans Raqa à partir de l'est.

"Nos forces sont entrées dans le quartier de Mechleb dans l'est de la ville", a déclaré à l'AFP le commandant des FDS Rojda Felat. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé leur entrée dans ce secteur où elles ont pris plusieurs bâtiments.

L'alliance arabo-kurde des FDS attaque Raqa depuis le nord, l'ouest et l'est, selon M. Sello.

"Avec les avions de la coalition internationale et les armes de pointe qu'ils nous ont fournies, nous prendrons Raqa à Daech", a déclaré M. Sello à l'AFP, en utilisant un acronyme de l'EI en arabe.

- Raids nocturnes -

M. Sello a demandé aux civils se trouvant dans la ville de s'éloigner des positions de l'EI et des zones de front.

"La coalition a mené des raids aériens toute la nuit en préparation à l'assaut", a dit Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH.

La coalition dirigée par Washington fournit aux FDS des armes, un appui aérien et les assiste au sol avec des conseillers.

Les FDS ont reçu "des armes et des équipements perfectionnés de la coalition internationale (...) en vue du lancement de la bataille de Raqa", avait dit la semaine dernière Talal Sello. "Les FDS encerclent déjà le nord et l'est et s'efforcent à présent de renforcer le siège à l'ouest".

La coalition "n'a pas besoin d'isoler Raqa par le sud car les avions de la coalition peuvent frapper les jihadistes lorsqu'ils traversent le fleuve", a précisé l'OSDH.

La ville de Raqa est peuplée d'environ 300.000 habitants, y compris quelque 80.000 déplacés ayant fui d'autres régions de la Syrie depuis la guerre. Les forces antijihadistes accusent l'EI de se servir des civils comme "boucliers humains" et de se cacher au milieu de la population.

Les risques restent grands en outre pour les civils qui cherchent à fuir Raqa.

- Risques pour les civils -

Selon l'OSDH, une frappe aérienne de la coalition internationale a fait 21 morts parmi des civils qui tentaient lundi de fuir Raqa.

"Les civils embarquaient dans de petits bateaux sur la rive nord de l'Euphrate pour fuir les faubourgs du sud de Raqa", a expliqué Rami Abdel Rahmane. Des femmes et des enfants font partie des victimes.

Des avions russes ont aussi effectué des raids contre des convois de l'EI partant de Raqa.

Près de 200.000 personnes ont quitté la ville de Raqa en Syrie, selon un porte-parole de la coalition internationale.

L'organisation humanitaire Médecins sans frontières avait aussi indiqué que la fuite des civils syriens hors de Raqa s'accélérait. "800 personnes par jour arrivent dans le camp" de déplacés d'Aïn Issa, à une trentaine de kilomètres au nord de Raqa, et la situation est difficile faute de moyens humanitaires.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie, la guerre en Syrie s'est complexifiée avec la montée en puissance des jihadistes et l'implication d'acteurs régionaux et de certaines grandes puissances. Elle a fait plus de 320.000 morts et jeté à la rue plus de la moitié des quelque 22 millions d'habitants.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.