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De la filière des Buttes-Chaumont à Raqa, un couple de Français condamnés pour avoir rejoint Daesh


Mardi 10 mars 2026 à 21h00

Paris (France), 10 mars 2026 (AFP) — Première des 22 "revenantes" qui doivent être jugées devant la cour spéciale cette année, Océane Granger a été condamnée mardi à cinq ans d'emprisonnement pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) avec son compagnon proche de la filière jihadiste parisienne des Buttes-Chaumont.

Océane Granger, 31 ans, comparaissait libre sous bracelet électronique. Amirouche Belounis, né en 1989 et supposé mort, était lui jugé par défaut.

Il a été condamné à 30 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste et sa participation à une vidéo de propagande du groupe EI diffusée en juin 2016.

Le couple avait quitté la France avec son bébé en juin 2015 en suivant un itinéraire atypique grâce à de faux papiers belges fabriqués par la même officine que celle qui fournira des membres des commandos du 13 novembre 2015.

Devant la cour, l'accusée a reconnu avoir adhéré au projet du groupe EI en tant que mère et épouse.

Les deux jours de procès ont retracé le parcours de cette adolescente à l'environnement familial "tendu", selon des d'experts entendus par la cour, affectée par la séparation de son père cordonnier et de sa mère aide à domicile.

A sa majorité, la "bonne élève" se convertit à l'islam puis rencontre en ligne Amirouche Belounis.

Il est fiché S et déjà formé aux armes au Maghreb et gravite dans une "galaxie d'individus" à "la trajectoire terroriste majeure", résume une agente de la DGSI, celle de la filière des Buttes-Chaumont (quartier du nord-est parisien) qui comptait entre autres Chérif Kouachi et Peter Cherif.

Des éléments de preuve retrouvés par la coalition permettront d'établir qu'Amirouche Belounis a combattu en Irak.

Selon le récit de l'accusée, il mourra, tout comme leur fils et leur fille née en 2016 à Raqa, lors d'un bombardement quelques jours avant la prise par les forces kurdes de cette ville du nord de la Syrie dont l'EI avait fait la capitale de son "califat" transfrontalier.

Océane Granger restera sur zone jusqu'à 2019 et la chute de Baghouz, l'ultime bastion de l'EI.

Elle bénéficiera du second rapatriement organisé par la France et, incarcérée à son retour en octobre 2022, celle qui aujourd'hui travaille et a repris des études, est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique.

Le reliquat de la peine prononcée mardi, inférieur à deux ans, sera aménagé sous le même régime. La peine est assortie d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans.

La cour a relevé au moment du prononcé du verdict "la gravité des faits" et la durée de sa présence sur zone, notamment le fait d'avoir "secondé" son mari et "participé au califat et son idéologie terroriste", tout en soulignant "une reconnaissance des faits" et un "réel travail de remise en cause".

L'avocate général avait requis neuf ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt différé pour l'accusée, 30 ans contre lui.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.