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Damas veut des missiles russes S-300 contre d'éventuels raids américans (ministre)


Jeudi 6 novembre 2014 à 16h00

Beyrouth, 6 nov 2014 (AFP) — Damas a demandé à Moscou d'accélérer la livraison de missiles anti-aériens S-300 par crainte de voir le président américain céder aux pressions croissantes pour attaquer la Syrie, a révélé le chef de la diplomatie syrienne Walid Moallem.

Dans un entretien publié jeudi par le quotidien libanais Al-Akhbar, M. Moallem affirme que Washington avait promis que la coalition internationale qui frappe le groupe État islamique (EI) ne viserait pas l'armée syrienne.

"Croyons-nous à ces engagements? Pour le moment. Nous avons compris que le président Barack Obama, pour des raisons de politique intérieure, veut éviter une guerre avec la Syrie", dit-il.

"Cependant, nous ignorons comment se comportera-t-il alors qu'il est sous une pression qui va aller crescendo", surtout après la victoire des Républicains aux élections de la mi-mandat, poursuit le ministre des Affaires Étrangères. "Nous devons donc nous préparer".

"C'est ce que nous avons expliqué franchement aux Russes et nous leur avons demandé de nous fournir des armes importantes", dont des S-300, confie-t-il.

"Nous les aurons dans une période raisonnable" car "le problème essentiel, à savoir l'approbation par le Kremlin, est a deux pas d'être résolu", assure le ministre.

La Syrie avait signé un contrat avec la Russie pour la livraison de trois à six batteries batteries S-300. Ces systèmes sont capables d'intercepter en vol des avions ou des missiles guidés, ce qui pourrait compliquer tout projet des Etats-Unis ou de leurs alliés de procéder à des frappes ou d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

La livraison devait avoir lieu en 2013 mais avait été reportée à 2014 avant que le président russe Vladimir Poutine annonce en septembre 2013 que la Russie l'avait suspendue à la suite d'une visite à Moscou du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le contrat était d'une valeur d'un milliard de dollars et Damas en avait versé plusieurs centaines de millions.

Depuis septembre, la coalition menée par les États-Unis multiplie les raids en territoire syrien contre l'EI.

Selon M. Mouallem, Washington a averti Damas avant le début des frappes, par le biais de l'ambassadeur syrien à l'ONU ainsi que par Bagdad et Moscou, et s'était engagé à ne pas frapper l'armée syrienne.

Par ailleurs, le ministre affirme que "le gouvernement syrien a donné et continue à donner des munitions, des armes et de la nourriture à la ville d'Ain al-Arab", Kobané en kurde, "qui est une ville syrienne et ses citoyens aussi".

"Nous ne permettrons ni ne reconnaîtrons aucune séparation en Syrie", martèle M. Mouallem en évoquant la situation de la région contrôlée par le YPD, la principale formation kurde.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.