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Conflit au Moyen-Orient: en Irak, des frappes meurtrières imputées à Washington et Téhéran


Mardi 24 mars 2026 à 13h10

Bagdad, 24 mars 2026 (AFP) — Quinze combattants du Hachd al-Chaabi, dont un haut commandant, ont été tués mardi dans une frappe aérienne sur l'ouest de l'Irak, le bombardement le plus meurtrier contre cette alliance d'ex-paramilitaires qui a dénoncé une "attaque américaine" en pleine guerre au Moyen-Orient.

Illustrant la spirale dans laquelle l'Irak est aspiré avec le conflit régional, le Kurdistan autonome, dans le nord du pays, a lui accusé l'Iran voisin d'avoir tiré des missiles balistiques contre ses forces armées, tuant six soldats des Peshmerga.

Dans les deux cas, il s'agit des attaques les plus meurtrières contre ces forces depuis le début de la guerre le 28 février.

Ni Washington, ni Téhéran n'ont réagi dans l'immédiat aux accusations.

Quasi-quotidiennement depuis le début du conflit, des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël visent en Irak des factions armées pro-iraniennes ou des combattants du Hachd al-Chaabi, coalition intégrée aux forces régulières de l'Etat mais qui englobe des groupes alliés à Téhéran.

Mardi avant l'aube dans la province d'Al-Anbar (ouest de l'Irak), 15 combattants du Hachd ont été tués dans une "attaque américaine", d'après un communiqué.

Le Hachd a fustigé une "frappe aérienne américaine ciblant le quartier général" de son commandement régional. Parmi les victimes figure "le commandant des opérations d'Al-Anbar pour le Hachd al-Chaabi, Saad Dawaï".

Cette frappe dans le secteur de Habbaniya est intervenue lors d'une réunion du commandement, selon un responsable de l'alliance interrogé par l'AFP.

Cette source a fait état de 13 blessés, indiquant alors que plusieurs personnes étaient "piégées sous les décombres".

- Factions proches de Téhéran -

Al-Anbar, région majoritairement sunnite, est la plus grande province irakienne en terme de superficie. Elle jouxte les stratégiques frontières syrienne, saoudienne et jordanienne.

Son vaste désert est régulièrement le théâtre d'opérations visant des cellules jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Le Hachd avait été formé en 2014 pour participer à la lutte contre l'EI. Après la mise en déroute des jihadistes trois ans plus tard en Irak, il a progressivement gagné en influence, ses factions armées développant un rôle politique avec des députés au Parlement et des intérêts économiques.

Certaines de ces factions armées proches de Téhéran revendiquent quotidiennement des dizaines d'attaques de drones ou de roquettes contre des militaires ou des intérêts américains sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Bagdad dénonce les attaques contre le Hachd, qu'il considère comme partie intégrante de ses forces de sécurité. Le Pentagone avait reconnu la semaine dernière pour la première fois recourir à des hélicoptères de combat pour frapper des groupes armés pro-iraniens en Irak.

- "Acte d'agression" -

Les hostilités se sont aussi propagées au nord de l'Irak.

"Une frappe israélo-américaine" y a visé des locaux du Hachd dans la métropole de Mossoul, d'après un communiqué de l'alliance.

Ce site sert de résidence secondaire au chef de la coalition, Faleh al-Fayyad, quand il est en visite dans la ville, mais il ne s'y trouve pas actuellement, selon un responsable de sécurité.

Ailleurs dans le nord, au Kurdistan, six soldats des forces armées de la région autonome ont été tués et 30 autres blessés par "six missiles balistiques iraniens", d'après un communiqué du ministère des Peshmerga.

Menées à l'aube, ce sont "deux attaques distinctes" qui ont visé la cinquième et septième divisions d'infanterie, près de Soran, région frontalière de l'Iran, d'après le communiqué.

Le Kurdistan entretient des liens étroits avec Washington.

Par le passé, l'Iran a tiré des missiles balistiques contre la région autonome, mais ces dernières années les relations s'étaient réchauffées.

Avec la guerre, les dirigeants du Kurdistan tentent de préserver une certaine neutralité.

Dans son communiqué, le ministère des Peshmerga dénonce "un acte d'agression (...) loin de tout principe de bon voisinage".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.