
Lundi 30 mars 2026 à 15h12
Berlin, 30 mars 2026 (AFP) — Berlin et Damas travaillent ensemble au retour en Syrie des centaines de milliers de Syriens réfugiés en Allemagne, a déclaré lundi le chancelier allemand, recevant le président syrien Ahmed al-Chareh à Berlin.
"Nous travaillons ensemble à ce que les Syriennes et Syriens puissent rentrer d'Allemagne dans leur patrie", a dit lors d'une conférence de presse commune, Friedrich Merz, dont le pays accueille environ un million de ressortissants syriens.
Selon Ahmed al-Chareh , Berlin et Damas veulent établir un "modèle circulaire de migration qui permettra aux Syriens de contribuer à la reconstruction de leur patrie sans avoir à abandonner la stabilité des vies qu'ils ont construit ici pour ceux qui veulent rester".
Il a souligné que les Syriens d'Allemagne devaient être "un pont" entre les deux pays, et étaient "un atout".
Les deux hommes ont souligné que la clé de la prospérité du pays sera la reconstruction de la Syrie, ravagée par de longues années de guerre civile.
M. Merz a lié l'aide allemande dans ce domaine au retour des réfugiés, alors qu'il est sous pression du parti d'extrême-droite AfD qui fait jeu égal avec les conservateurs dans les sondages, avec un discours anti-migrants.
"Nous voulons soutenir cette reconstruction depuis l'Allemagne. Au cours des dernières semaines, nous avons élaboré un ambitieux programme de travail commun pour la reconstruction et le retour (des réfugiés), qui entre maintenant dans sa phase de mise en oeuvre", a dit M. Merz, annonçant qu'une délégation allemande se rend à cette fin en Syrie "dans quelques jours".
Selon lui, l'Allemagne va financer à hauteur de 200 millions d'euros de projets relatifs à l'approvisionnement en eau ou encore la reconstruction d'hôpitaux.
Alors que la Syrie reste ensanglantée par des affrontements, notamment des combats entre troupes gouvernementales et combattants kurdes, et que les accusations de violations des droits humains sont légion, M. Merz a insisté sur la nécessité pour M. al-Chareh, un ancien jihadiste, de bâtir un pays respectueux de tous.
Il a ainsi appelé à l'installation d'un "Etat de droit", au respect des droits de toutes les Syriens "quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique ou leur sexe".
"Je lui (au président syrien, ndlr) ai également dit que de nombreux projets communs à l'avenir dépendront aussi du fait que nous trouvions un Etat de droit offrant un cadre fiable pour l'économie, mais aussi pour les citoyens. Et je suis, après notre rencontre de ce matin, confiant que cela peut réussir en Syrie", a souligné M. Merz.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.