
Vendredi 15 novembre 2013 à 11h54
ANKARA, 15 nov 2013 (AFP) — La Turquie a affiché vendredi son hostilité à l'annonce d'une administration autonome kurde dans le nord de la Syrie, son président, Abdullah Gül, déclarant qu'elle "ne peut permettre un fait accompli".
"La Turquie ne peut permettre de fait accompli, il ne serait pas question d'accepter une telle chose en Syrie", a indiqué M. Gül dans des déclarations télévisées lors d'un déplacement à Erzincan, dans l'est de la Turquie.
Le chef de l'Etat turc a souligné les relations fraternelles unissant les peuples turcs et syriens, divisés par une longue frontière, affirmant que son pays ne favorisait aucune pression d'une communauté syrienne, arabe, kurde ou turkmène, sur une autre.
Mardi, le Parti de l'Union Démocratique (PYD), le principal groupe armé kurde, et d'autres formations kurdes ont signé une déclaration établissant "une administration intérimaire dans les zones du Kurdistan occidental", qui désigne dans leur terminologie la région kurde de Syrie.
La Turquie avait déjà plusieurs fois mis en garde le PYD, considéré comme proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie), contre toute velléité autonomiste, estimant que cela pourrait consacrer la division de la Syrie voisine, qu'elle rejette.
"Nous ne pouvons permettre un éclatement de la Syrie qui est confrontée à un grand chaos", a ajouté M. Gül.
Les zones kurdes du nord de la Syrie sont administrées par des conseils locaux kurdes depuis que les forces gouvernementales syriennes s'en sont retirées à la mi-2012.
La Turquie a rompu avec le régime de Damas et soutient les rebelles. Elle héberge sur son sol plus de 600.000 réfugiés dont le tiers dans des camps.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.