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Attentats contre le parti pro-kurde turc: l'auteur membre d'un groupe d'extrême-gauche (Davutoglu)


Jeudi 21 mai 2015 à 15h02

Ankara, 21 mai 2015 (AFP) — Le Premier ministre turc a annoncé jeudi que l'auteur de deux attaques contre le HDP, principal parti d'opposition prokurde, à trois semaines des législatives du 7 juin, est un "terroriste" arrêté par le passé pour appartenance à un groupuscule clandestin d'extrême-gauche.

"Il a été identifié hier (mercredi). Cet homme a été arrêté il y a quelques années pour appartenance au DHKP-C (Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple)", a déclaré Ahmet Davutoglu lors d'une réunion politique à Sinop.

Peu après, le ministère de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué que cet homme, dont l'identité n'a pas révélée, avait posé les deux bombes qui ont fait plusieurs blessés et des dégâts lundi dans les permanences du Parti démocratique du peuple (HDP) à Adana et Mersin (sud de la Turquie).

"Des efforts considérables sont déployés pour l'appréhender", a assuré le ministère.

Après les attaques, le HDP avait immédiatement réagi, en attribuant la responsabilité au régime islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002.

Jeudi, M. Davutoglu a à nouveau démenti ces accusations et condamné les attentats. Il a aussi estimé qu'ils avaient été orchestrés pour "accuser avant le scrutin" le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) qu'il dirige.

Depuis le coup d'envoi de la campagne électorale, le HDP a été la cible de nombreuses attaques.

Les résultats de ce parti prokurde au scrutin du 7 juin feront l'objet de toutes les attentions. S'il franchit la barre des 10% des suffrages au niveau national, il devrait empêcher le parti du président Recep Tayyip Erdogan d'obtenir la majorité des deux tiers des 550 sièges de députés. Or le chef de l'Etat en a besoin pour faire passer une réforme constitutionnelle qui lui permettrait de renforcer ses pouvoirs.

Les derniers sondages créditent le HDP d'environ 10% des voix, et l'AKP entre 38 et 42%.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.