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Attentat suicide dans la capitale du Kurdistan irakien: 4 morts


Mercredi 19 novembre 2014 à 18h13

Erbil (Irak), 19 nov 2014 (AFP) — Un kamikaze a fait exploser une voiture piégée mercredi, tuant quatre personnes à Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien généralement épargnée par les violences, selon des responsables.

Le gouverneur de la province d'Erbil, Nozad Hadi, a confirmé ce bilan et accusé les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) d'avoir mené cette attaque.

Le kamikaze a lancé peu avant midi (09H00 GMT) son véhicule contre le principal point de contrôle établi sur la route menant au siège du gouvernement dans cette ville du nord de l'Irak, a indiqué le porte-parole du conseil provincial Hamza Hamed.

Quatre personnes ont péri dans l'attaque, dont deux policiers, et 29 ont été blessées, a indiqué le directeur général du département de la Santé à Erbil, Saman Barzanchi.

Sur le lieu de l'attentat, des débris de verre jonchaient le sol tâché de sang, au côté de voitures endommagées.

Cette attaque, qui n'a pas encore été revendiquée, est la plus meurtrière à Erbil depuis celle du 29 septembre 2013, durant laquelle un kamikaze avait fait détoner ses explosifs à l'entrée du QG des forces de sécurité tuant sept personnes et en blessant plus de 60.

Quelques minutes avant l'explosion mercredi, une délégation française, conduite par le sénateur Bruno Retailleau et venue livrer 10 tonnes d'aide en faveur des personnes déplacées d'Irak, se trouvait au QG visé à Erbil.

"Nous n'étions pas visés", a dit M. Retailleau, président au Sénat du groupe UMP, le principal parti de la droite française. "Environ 10 minutes auparavant, nous étions reçus par le gouverneur".

"Quand on est en visite à Erbil, on n'a absolument pas conscience du danger. Rétroactivement, ça donne des frissons", a-t-il ajouté.

La France a condamné l'attentat. "Nous sommes aux côtés de la population et des autorités d'Irak dans leur lutte contre le terrorisme", a assuré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

La région du Kurdistan, qui regroupe trois provinces, est habituellement épargnée par les violences meurtrières qui frappent quasi-quotidiennement une bonne partie du reste de l'Irak.

Les forces de sécurité kurdes affrontent cependant seules, ou au côté des troupes fédérales, le groupe jihadiste Etat islamique, qui s'est emparé depuis juin de grandes zones au nord de Bagdad, certaines très proches du Kurdistan.

Des centaines de milliers de personnes ayant pris la fuite ont trouvé refuge au Kurdistan.

Le vice-président irakien Ossama al-Noujaifi, un sunnite, a appelé mercredi "les citoyens, et en particulier les déplacés à Erbil, à coopérer avec les services de sécurité et à les aider à faire face aux groupes terroristes".

Le même jour, le ministère irakien des Finances a transféré 500 millions de dollars au gouvernement autonome du Kurdistan, première mesure d'un accord conclu la semaine dernière visant à régler une dispute pétrolière qui empoisonne depuis près d'un an les relations entre les deux parties.

En échange, le Kurdistan a commencé mardi à mettre 150.000 barils par jour à la disposition du pouvoir central à Bagdad, dans ses réservoirs au port turc de Ceyhan.

"Il s'agit du premier paiement transféré au Kurdistan depuis mars", a déclaré le ministre des Finances Hoshyar Zebari.

Ce paiement aidera à verser les salaires des fonctionnaires kurdes, comme la Constitution l'oblige à le faire, et à atténuer la pression sur le budget de la région autonome.

Bagdad estime que l'énergie produite dans les régions appartient au pays tout entier alors que le Kurdistan traite directement avec des compagnies pétrolières au motif que le pétrole produit sur son sol est sa propriété.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.