
Dimanche 25 janvier 2026 à 17h59
Paris (France), 25 jan 2026 (AFP) — Après la mort d'El Hacen Diarra en garde à vue dans un commissariat parisien et une vidéo virale montrant des policiers molester un homme à Paris, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a renvoyé aux enquêtes en cours, évoquant des "cas isolés".
"Ça me met en colère, bien sûr, car cela jette le discrédit sur l'ensemble de la profession alors que ce sont des cas isolés", a insisté dans un entretien au Parisien le ministre de l'Intérieur au sujet de ces deux affaires impliquant des policiers.
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a été saisie vendredi d'une enquête visant des membres des forces de l'ordre filmés en train de molester un homme à Paris, rue Bichat (Xe arrondissement), dans une vidéo devenue virale.
"J'ai besoin de comprendre le contexte dans lequel les faits se sont produits. Il s'agissait d'une mission de maintien de l'ordre de la DOPC (Direction de l'ordre public et de la circulation, NDLR), dans le cadre d'une manifestation de soutien aux Kurdes en Syrie, où les fonctionnaires ont été soumis à rude d'épreuve", a expliqué le ministre.
"Ils ont été pris à partie, ils ont reçu des tirs de mortiers, il y a eu des dégradations. Le contexte ne peut suffire à justifier les gestes non réglementaires, à supposer qu'ils le soient. À cet égard, j'ai demandé une enquête administrative et j'attends le résultat des investigations", a-t-il ajouté.
Quelques jours plus tôt, dans un commissariat du XXe arrondissement, El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans, est décédé lors de sa garde à vue. Une information judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l'autorité publique" a été ouverte. La famille a réclamé l'interpellation des policiers.
"Je m'en tiens à ma ligne", a répondu Laurent Nuñez. "Je ne demande pas la suspension des fonctionnaires tant qu'on n'a pas établi qu'ils sont fautifs. Le fonctionnaire qui, sur les images, met deux coups de poing devra s'expliquer. Mais rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort", a encore affirmé le ministre.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.