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Ankara poursuit ses opérations contre les rebelles kurdes, cherche des soutiens


Vendredi 21 octobre 2011 à 09h49

CUKURCA (Turquie), 21 oct 2011 (AFP) — La Turquie poursuivait vendredi ses opérations contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) après la mort de 24 soldats mardi dans des attaques, tout en s'efforçant d'obtenir le soutien de ses voisins pour lutter contre le PKK.

Plusieurs avions de chasse ont décollé dans la nuit de jeudi à vendredi de la base aérienne de Diyarbakir, principale ville du sud-est anatolien, peuplé en majorité de kurdes, a constaté un correspondant de l'AFP.

A Hakkari, chef-lieu de la province où se sont produites les attaques du PKK, des échanges de tirs et des bruits d'hélicoptères ont été entendus durant la nuit, selon un photographe de l'AFP.

L'agence de presse pro-kurde Firat News a pour sa part confirmé jeudi soir l'entrée d'un "petit groupe" de soldats turcs dans la région de Haftanin, un secteur des montagnes du nord de l'Irak proche de la frontière turque et contrôlé par le PKK.

L'armée turque a annoncé jeudi dans un communiqué avoir lancé "des opérations terrestres d'envergure, soutenues par l'aviation (...) dans cinq points du nord de l'Irak et en Turquie", impliquant 22 bataillons.

Elle a confirmé vendredi la poursuite de l'offensive mais a précisé que le principal théâtre des opérations se trouvait en territoire turc.

"Tandis que les opérations terrestres et aériennes ont lieu pour une grande part en Turquie, principalement dans la région de Cukurca, certaines actions continuent dans quelques points par-delà la frontière dans le nord de l'Irak", a déclaré l'état-major dans un commnuniqué.

Le nombre de soldats impliqués dans l'ensemble de l'opération était évalué vendredi à 10.000 hommes par la presse.

L'offensive fait suite à une série d'attaques simultanées du PKK contre huit objectifs militaires dans la province de Hakkari, qui ont fait 24 morts et 18 blessés dans les rangs de l'armée. Ces combats, les plus meurtriers depuis presque vingt ans, ont provoqué une onde de choc en Turquie.

Interrogé vendredi par la chaîne NTV, le ministre de l'Intérieur Idris Naim Sahin a indiqué que l'offensive turque était "une des plus vastes opérations visant à en terminer avec l'organisation terroriste".

La Turquie s'efforçait par ailleurs d'obtenir le soutien de ses voisins iranien et irakien et de la communauté internationale dans sa lutte contre le PKK.

A Ankara, le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi a assuré les Turcs de la solidarité de l'Iran lors d'une conférence de presse avec son homologue Ahmet Davutoglu.

"Nous sommes avec la Turquie les branches d'un même arbre, ce qui affecte la Turquie nous affecte aussi et vice versa", a-t-il déclaré.

L'Iran est lui-même en lutte contre le PJAK, une organisation kurde considérée par Ankara comme une émanation du PKK.

"Notre détermination de lutter ensemble contre le PKK et le PJAK va se poursuivre de la manière la plus forte", a souligné M. Davutoglu. "Nous allons travailler ensemble dans le cadre d'un plan d'action commun jusqu'à ce que cette menace terroriste soit éliminée", a-t-il ajouté.

M. Erdogan a affirmé le mois dernier qu'une coopération était envisagée avec l'Iran pour lutter contre les rebelles kurdes.

La veille, l'Irak a condamné l'attaque du PKK et promis de coopérer avec Ankara en matière de sécurité, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Le Premier ministre turc a invité le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani à venir le rencontrer.

La Turquie exhorte les Kurdes d'Irak à décourager le PKK d'utiliser leur territoire, où l'organisation dispose selon Ankara d'environ 2.000 hommes.

Les Etats-Unis ont apporté leur soutien à l'offensive turque.

"Nous soutenons clairement le droit de la Turquie à l'autodéfense", a déclaré le porte-parole du Département d'Etat Mark Toner, qui a également appelé à une coopération entre la Turquie et l'Irak.

Le conflit kurde en Turquie, qui a démarré en 1984, a fait plus de 45.000 victimes.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.