
Mardi 21 octobre 2014 à 17h14
Istanbul, 21 oct 2014 (AFP) — La Turquie a précisé mardi qu'aucun combattant kurde irakien n'avait encore passé la frontière pour entrer en Syrie à partir de son territoire, après l'annonce la veille qu'elle autorisait leur transit pour aller défendre la ville de Kobané (nord de la Syrie).
"Les peshmergas doivent encore franchir (la frontière) entre la Turquie et Kobané, et cette question doit encore être discutée", a déclaré à la chaîne de télévision NTV le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, sans autre précision.
Critiquée depuis des semaines pour son refus d'intervenir militairement contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), la Turquie a annoncé lundi qu'elle autorisait des renforts de combattants "peshmergas" à rejoindre, via son territoire, Kobané assiégée.
M. Cavusoglu a indiqué que cette décision devait être désormais validée par le Parti de l'union démocratique (PYD), dont les Unités de protection du peuple (YPG) assurent la défense de la ville syrienne, et les combattants irakiens.
"Nous attendons que le PYD et les peshmergas en discutent et parviennent à un accord. Nous prendrons les dispositions nécessaires lorsque ces conditions seront remplies", a indiqué le chef de la diplomatie turque.
M. Cavusoglu a précisé qu'aucune décision n'avait encore été prise sur "le nombre de peshmergas autorisés à se rendre en Syrie", ni sur "la route qu'ils emprunteront".
"La Turquie n'a pas promis d'ouvrir de couloir" entre sa frontière et Kobané, a-t-il dit.
Selon des sources s'exprimant sous couvert de l'anonymat, Ankara envisage trois possibilités pour faire entrer les combattants irakiens sur son territoire, avant de leur ouvrir sa frontière en face de Kobané.
Ces peshmergas pourraient entrer en Turquie par le poste-frontière turco-irakien de Silopi, par Ceylanpinar, à la frontière turco-syrienne, ou être acheminés directement en avion jusqu'à la ville de Sanliurfa, selon ces sources.
Le ministre turc des Affaires étrangères a une nouvelle fois écarté mardi toute aide directe au PYD, considéré par son pays comme une organisation "terroriste" car proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène la rébellion en Turquie.
"Nous somme opposés à tout plan qui viserait à soutenir massivement le PYD", a répété M. Cavusoglu sur NTV.
Mardi, la porte-parole du département d'Etat Marie Harf a estimé que le PKK et le PYD n'étaient "pas considérés comme identiques" par la loi américaine.
Les Etats-Unis ont largué tôt lundi matin sur Kobané un premier ravitaillement en armes, munitions et matériel médical aux Kurdes qui défendent la ville.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.