Jeudi 3 avril 2008 à 18h05
ANKARA, 3 avr 2008 (AFP) — Le ministre turc de la Justice, Mehmet Ali Sahin, a fustigé jeudi l'arrêt de la Cour européenne de justice (CEJ) annulant la décision de l'Union européenne en 2002 d'inscrire le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur sa liste des organisations terroristes.
Cet arrêt n'empêche pas que le PKK continue à figurer sur la liste européenne des organisations terroristes, car la décision qu'il annule est ancienne et a été suivie depuis par d'autres décisions identiques de l'UE.
Le ministre turc a néanmoins sévèrement critiqué la CEJ. "Les juges auraient dû bien réfléchir avant d'émettre un tel arrêt, qui affaiblit la lutte internationale contre le terrorisme", a déclaré M. Sahin à Karabuk, une ville du nord de la Turquie, selon l'agence de presse turque Anatolie.
"J'aurais aimé qu'ils viennent en Turquie (...) et qu'ils voient les menaces" que fait peser le PKK, a poursuivi le ministre de la Justice. "Mais bien entendu, ils ont pris la décision chez eux, où il n'y a aucun risque de terrorisme, loin de la réalité."
Le ministère turc de la Justice va étudier l'arrêt de la CEJ pour voir quelle contre-mesure il peut entreprendre, a indiqué M. Sahin.
Les juges de la CEJ, qui siège à Luxembourg, ont estimé que l'UE n'avait pas suffisamment justifié sa décision en 2002 d'inclure le PKK dans sa liste des organisations terroristes.
Mais un porte-parole de l'UE a indiqué que l'arrêt de jeudi n'entraînait aucune modification, car la liste a été plusieurs fois actualisée depuis en vertu de nouvelles décisions européennes. "La décision de la Cour se réfère à une décision ancienne, qui a déjà été remplacée par d'autres", a-t-il déclaré.
Les rebelles kurdes du PKK, créé en 1978, ont lancé le 15 août 1984 une lutte armée contre le pouvoir central d'Ankara pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le sud-est de la Turquie. Les violences liées au conflit ont fait depuis plus de 37.000 morts, selon un bilan officiel.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.