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Affrontements dans le sud-est de la Turquie après la mort de deux manifestants kurdes


Samedi 7 decembre 2013 à 17h13

ISTANBUL, 07 déc 2013 (AFP) — Des affrontements ont opposé samedi des jeunes Kurdes aux forces de l'ordre dans la ville de Yüksekova, dans le sud-est de la Turquie, en marge des funérailles de deux manifestants tués par balles par la police, a constaté un photographe de l'AFP.

Les incidents ont débuté dans l'après-midi lorsque plusieurs centaines de jeunes manifestants ont érigé de barrages de pneus enflammés sur une route. La police est intervenue avec des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les protestataires, qui ont riposté par des jets de pierre.

Ces violences surviennent au lendemain de la mort vendredi dans la même ville de Yüksekova de deux jeunes Kurdes tués par la police à l'occasion d'échauffourées provoquées par des informations faisant état de la destruction de cimetières où étaient enterrés des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le bureau du gouverneur local a démenti formellement la destruction de ces cimetières, selon l'agence de presse Dogan,

Les deux manifestants, âgés de 34 et 32 ans, ont été atteints de respectivement 6 et 2 balles, a rapporté la presse turque citant les premiers résultats de l'autopsie.

Leur mort a provoqué l'indignation de l'opposition au gouvernement islamo-conservateur au pouvoir à Ankara.

Le vice-président du Parti républicain du peuple (CHP), Sezgin Tanrikulu, a dénoncé une "exécution" et le coprésident du Parti kurde pour la paix et la démocratie (BDP) Selahattin Demirtas a exigé les "excuses" du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Plusieurs milliers de personnes, certaines arborant des drapeaux du PKK, un mouvement considéré comme terroriste et interdit en Turquie, ont participé samedi après-midi à Yüksekova aux obsèques des deux victimes.

A Istanbul, la police a usé de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser dans l'après-midi une manifestation de solidarité avec les deux jeunes Kurdes.

Ankara et le PKK ont engagé il y a un an des pourparlers pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 45.000 morts depuis 1984.

Mais ce processus est paralysé après la décision du PKK de suspendre cet automne le retrait de ses combattants de Turquie pour dénoncer des promesses non tenues du gouvernement.

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.