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Turquie: une marche contre le couvre-feu réprimée à Diyarbakir la kurde


Mardi 22 decembre 2015 à 15h26

Diyarbakir (Turquie), 22 déc 2015 (AFP) — Plusieurs milliers de personnes qui manifestaient mardi contre un couvre-feu à Diyarbakir, grande ville du sud-est à majorité kurde de la Turquie, ont été brutalement dispersées par la police, a constaté un photographe de l'AFP.

Les manifestants, dont des députés d'opposition, tentaient de rejoindre le district de Sur, théâtre de violents combats entre forces de sécurité turques et rebelles kurdes et soumis à un strict couvre-feu, mais ont été empêchés de progresser par un barrage policier.

Répondant aux jets de pierres d'un groupe de jeunes, les forces de l'ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et fait usage de canons à eau pour disperser la foule, a constaté le photographe de l'AFP.

Les forces de sécurité turques mènent depuis une semaine leur plus grande opération de ces dernières années pour déloger de jeunes partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans plusieurs villes du sud-est à majorité kurde du pays.

A Sur, les combats à huis clos ont fait huit nouveaux morts dans les rangs des rebelles kurdes lundi, a rapporté mardi l'état-major turc, portant le bilan à 15 tués depuis le début de l'offensive.

Un soldat y a également été tué lundi, selon l'armée, et quatre autres ont été blessés.

A Cizre, dans la province voisine de Sirnak, 103 "terroristes" ont été tués en une semaine, d'après la même source.

Il était impossible de vérifier ce bilan de façon indépendante dans l'immédiat.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris l'été dernier entre Ankara et le PKK, faisant voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi le PKK d'"empoisonner la paix de notre pays par ses actes", ajoutant que "l'organisation terroriste sera ensevelie dans les tranchées qu'elle a creusées".

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.