
Samedi 25 juillet 2015 à 18h09
Paris, 25 juil 2015 (AFP) — Plusieurs centaines de manifestants, en large majorité kurdes, ont défilé samedi à Paris pour dénoncer le "terrorisme de l'Etat turc", accusé de "complicité" avec le groupe Etat islamique après l'attentat suicide de Suruç (sud de la Turquie) lundi, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les protestataires, chiffrés à 800 par la police, ont marché dans le calme de la Gare de l'Est à la place de la République, pour réclamer "la vérité" sur cette attaque.
Ils ont fustigé dans le même temps les bombardements contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) menés dans la nuit de vendredi à samedi par la Turquie parallèlement à son offensive contre l'EI.
"Le comble: la Turquie bombarde le PKK qui est le rempart contre Daesh (ndlr, acronyme arabe de l'EI)", proclamait une grande banderole noire en tête du défilé.
"Halte au terrorisme de l'Etat turc", "Erdogan assassin", "AKP complice de Daesh": au sein du cortège, de multiples pancartes ou slogans scandés par les manifestants ont pour cible le président turc Recep Tayyip Erdogan et son parti islamo-conservateur AKP.
Des drapeaux rouges aux couleurs de la Fédération des associations des jeunes socialistes (SGDF), l'organisation proche de la cause kurde pour laquelle militaient la plupart des victimes de l'attentat de Suruç, étaient également nombreux.
La manifestation était organisée à l'appel de plusieurs mouvements ou associations kurdes en exil, avec l'appui entre autres des Jeunes communistes et du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
L'attentat perpétré par un jeune Turc à Suruç, qui a fait 32 morts et une centaine de blessés lundi, a été attribué par Ankara à l'EI mais l'organisation jihadiste ne l'avait toujours pas revendiqué samedi.
La Turquie, qui s'est engagée depuis dans une offensive aérienne contre les jihadistes en Syrie, a ouvert un second front en bombardant dans la nuit de vendredi à samedi les rebelles du PKK dans le nord de l'Irak.
Ankara a ordonné ces frappes après une série d'attaques attribuées ces derniers jours à des militants proches du PKK contre des membres des forces de sécurité turques.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.