
Lundi 15 juin 2015 à 17h21
Akçakale (Turquie), 15 juin 2015 (AFP) — Les autorités turques ont accueilli lundi sur leur territoire une nouvelle vague de plusieurs milliers de réfugiés syriens qui fuient les combats entre les forces kurdes et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) pour le contrôle de la ville de Tall Abyad.
Les forces de sécurité turques ont ouvert les portes du poste-frontière turc d'Akçakale (sud), face à Tall Abyad, à la mi-journée pour laisser passer quelque 3.000 personnes qui patientaient sous la chaleur côté syrien, a constaté un photographe de l'AFP.
Les forces de sécurité turques, nombreuses, ont refermé la frontière dans l'après-midi.
Selon les estimations, près de 20.000 Syriens ont franchi la frontière turque depuis la semaine dernière dans ce secteur, poussés à l'exode par les affrontements entre les Unités de protection du peuple (YPG) kurdes et l'EI.
Les forces kurdes sont parvenues lundi à couper une route d'approvisionnement vitale pour les jihadistes entre Tall Abyad et leur fief de Raqa, selon un officier kurde.
Un photographe de l'AFP a pu identifier lundi en fin d'après-midi depuis le territoire turc des groupes de combattants kurdes, drapeaux au vent, qui progressaient dans les faubourgs est de Tall Abyad.
Après leur avoir interdit pendant plusieurs jours l'entrée sur son territoire, la Turquie a finalement rouvert sa frontière dimanche soir à plusieurs milliers de réfugiés.
"Si la Turquie accepte une nouvelle vague de réfugiés en provenance de Tall Abyad, cela signifie qu'elle doit être prête à un afflux d'au moins 100.000 personnes", a mis en garde lundi un vice-Premier ministre, Numan Kurtulmus, sur la chaîne d'information CNN-Türk.
"Nous pensons qu'il n'y pas pour l'heure à Tall Abyad de crise humanitaire équivalente à celles que nous avons connues à Kobané ou dans d'autres secteurs de la Syrie", a-t-il ajouté, "nous allons donc fournir de l'aide humanitaire aux personnes de l'autre côté de la frontière et laisser entrer les malades et les blessés".
La semaine dernière, M. Kurtulmus avait indiqué que la Turquie bloquerait l'entrée des réfugiés syriens par Akçakale "sauf en cas de tragédie humanitaire".
La bataille pour le contrôle de la ville syrienne kurde de Kobané, proche de la frontière turque, avait provoqué l'automne dernier l'exode d'environ 200.000 réfugiés, pour la plupart d'origine kurde, vers la Turquie.
La Turquie, qui a rompu avec le régime syrien du président Bachar al-Assad, est le principal pays d'asile des réfugiés syriens qui fuient la guerre civile. Elle en accueille aujourd'hui officiellement plus de 1,8 million.
Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.