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Une délégation française prochainement à Erbil pour évaluer les besoins militaires des Kurdes


Mercredi 1 avril 2015 à 18h43

Paris, 1 avr 2015 (AFP) — La France va dépêcher une "délégation de haut niveau" au Kurdistan irakien pour "mieux évaluer" sa collaboration militaire avec les autorités kurdes d'Irak, a-t-on appris mercredi auprès de l'Elysée, à l'issue d'une rencontre entre François Hollande et une délégation de Peshmerga.

"Une délégation (française) de haut niveau destinée à mieux évaluer notre coopération et les besoins militaires qui ont été exprimés durant cette rencontre sera envoyée dans les prochaines semaines à Erbil", a-t-on déclaré de même source, précisant que les Peshmerga (combattants kurdes, NDLR) avaient exprimé au président français "des besoins en munitions, armement et formation".

"Le président de la République (François Hollande) nous a exprimé son accord pour nous aider et, bientôt, une délégation française va se rendre dans ce but au Kurdistan (irakien)", a confirmé Mustafa Qadir Mustafa, ministre des Peshmerga au sein du gouvernement régional du Kurdistan d'Irak, sur le perron de l'Elysée.

"Les Peshmerga sont en première ligne de la guerre contre Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique)", a-t-il fait valoir à l'issue de cet entretien auquel assistait également le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et le chef d'état-major particulier du président de la République, le général Benoît Puga.

"Grâce à la libération d'une partie des territoires occupés par Daech, près de 200.000 réfugiés (sur 1,5 million) ont pu retourner chez eux", a-t-il encore souligné.

"C'est pourquoi (...) nous demandons aux alliés de nous aider beaucoup plus sur le plan militaire et de nous livrer des armes pour que nous puissions vaincre les forces de Daech dans les plus brefs délais et libérer la région", a enchaîné le ministre des Peshmerga.

Les Peshmerga ont demandé à la France la livraison notamment d'armes anti-chars (ils ont pour l'instant reçu trente missiles anti-chars Milan de l'Allemagne), des munitions et des équipements de vision nocturne, a précisé à l'AFP un participant à la réunion, qui a demandé à rester anonyme.

La France a envoyé depuis l'été dernier plusieurs dizaines de membres des forces spéciales afin de servir d'instructeurs militaires auprès des Peshmerga.

"Nous n'avons pas besoin de soldats ou de forces terrestres, mais d'armes lourdes modernes et de logistique" a ajouté peu après Mustafa Qadir Mustafa au cours d'une conférence de presse. "La France est l'un de nos meilleurs alliés dans cette bataille, que nous menons au nom du monde entier".

Avant leur rencontre à l'Elysée la délégation kurde, composée de cinq généraux et du ministre, s'est recueillie devant les locaux de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher.

"Nous nous sommes rendus sur les lieux où les actes terroristes ont eu lieu à Paris au mois de janvier. Pour nous, les victimes du terrorisme, qu'elles soient au Kurdistan ou en France, sont les mêmes", a déclaré le ministre des Peshmerga. "Nous faisons tous face à un terrorisme international qui est un danger pour tous les Etats. Ces terroristes sont loin de toutes les valeurs humanistes. Les événements qui ont eu lieu à Paris en sont la preuve."

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.