
Jeudi 18 decembre 2014 à 18h27
Nahyat al-Ayadhiya (Irak), 18 déc 2014 (AFP) — Les forces kurdes, appuyées par les frappes de la coalition internationale, ont intensifié jeudi leur offensive pour reprendre du terrain au groupe Etat islamique (EI) dans le nord de l'Irak, reprenant une centaine de kilomètres carrés aux jihadistes, selon le Pentagone.
Après des raids massifs des Etats-Unis et de leurs alliés contre les positions de l'EI en Irak, les forces kurdes irakiennes (peshmergas) ont réussi à reprendre plusieurs villages à l'EI et se rapprochaient jeudi de la région de Sinjar, proche de la Syrie.
Les frappes "ont permis à ces soldats (kurdes) (...) de reprendre une centaine de kilomètres carrés" près de Sinjar, a déclaré le général américain James Terry.
La ville de Sinjar est aux mains de l'EI, un groupe ultra-radical responsable d'atrocités qui s'est emparé de vastes régions d'Irak depuis le lancement en juin de son offensive en Irak. Elle est située au pied du Mont Sinjar, tenu par des combattants kurdes et yazidis mais assiégé par l'EI.
L'objectif de l'offensive lancée mercredi par les peshmergas est de briser le siège du Mont Sinjar et de reprendre à terme la ville du même nom, située entre Mossoul, deuxième ville d'Irak aux mains de l'EI, et la frontière syrienne.
C'est sur le Mont Sinjar, une zone aride s'étendant sur 60 km, qu'avaient fui des dizaines de milliers d'Irakiens, principalement de la minorité yazidie, pour échapper à l'avancée jihadiste en août. Il y reste néanmoins quelques milliers de personnes -- habitants, combattants et réfugiés.
Jeudi, la coalition internationale anti-jihadistes a de nouveau frappé au nord de Tal-Afar, un secteur tenu par l'EI à une quarantaine de km à l'est de Sinjar, a déclaré Anwar Brahim, officier des services de renseignement kurdes, appelés "Assayesh".
- Corps recouverts de sable -
Les mêmes positions de l'EI ont été la cible de bombardements à l'artillerie des peshmergas, selon des responsables. "Un grand nombre de troupes s'apprêtent à prendre d'assaut Sinjar", a déclaré M. Brahim.
L'armée américaine a annoncé plus de 60 raids menés depuis lundi, dont 45 pour soutenir les forces kurdes, mais sans préciser les secteurs visés. Des images diffusées par le gouvernement autonome du Kurdistan irakien ont montré les carcasses calcinées de véhicules de l'EI et le drapeau noir des jihadistes flottant sur des positions abandonnées.
"Je pense que nous avons fait des progrès significatifs pour enrayer l'avancée de l'EI", a ajouté M. Terry, précisant que la coalition avait mené pas moins de 1.361 raids aériens depuis le début de sa campagne contre l'EI le 8 août.
Les peshmergas ont repris huit villages et tué quelque 80 jihadistes depuis le début mercredi de leur offensive, lancée depuis Rabia, près de la frontière syrienne, et Zoumar sur les rives du lac de Mossoul, selon des responsables.
Un journaliste de l'AFP sur place a vu des corps mutilés de jihadistes que les peshmergas avaient recouverts de sable pour masquer leur puanteur.
A Hanakeh, un des villages repris par les Kurdes, un pont a été dynamité. Sur un autre pont, encore en place, quatre barils remplis de TNT suggéraient que les jihadistes avaient dû s'enfuir avant de le faire sauter.
Côté kurde, sept peshmergas ont été tués mercredi dans une attaque suicide dans le village de Dasrij , ont annoncé des officiers à l'AFP.
- Isoler Mossoul -
Durant son offensive contre Sinjar en août, l'EI avait tué ou enlevé plusieurs centaines des membres des Yazidis -une minorité jugée hérétique par le groupe jihadiste.
Des dizaines de milliers d'autres, réfugiés dans la montagne, avaient été assiégés dans des conditions dramatiques pendant plusieurs semaines, avant de pouvoir être évacués. Ce premier siège avait marqué une étape importante dans la lutte contre l'EI puisqu'il avait précipité l'engagement en Irak des Etats-Unis.
Si elle réussit, la nouvelle offensive kurde pourrait couper les routes d'approvisionnement de l'EI et isoler Mossoul, sa place forte.
L'EI a construit des fortifications, creusé des tranchées autour de la ville et y a coupé le réseau de téléphonie mobile. Il a aussi limité le déplacement des habitants.
Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste, les forces gouvernementales, appuyées par les miliciens chiites et les peshmergas, ont enregistré quelques victoires ces derniers mois.
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Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.