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Irak: les kurdes intensifient leur offensive contre les jihadistes à Sinjar


Jeudi 18 decembre 2014 à 13h34

Erbil (Irak), 18 déc 2014 (AFP) — Les forces kurdes, appuyées par les frappes de la coalition internationale, ont intensifié jeudi leur offensive pour reprendre du terrain au groupe Etat islamique (EI) dans le nord de l'Irak, au coeur du "califat" proclamé par ces jihadistes ultra-radicaux.

Après des raids massifs des Etats-Unis et de leurs alliés contre les positions de l'EI en Irak, les forces kurdes irakiennes (peshmergas) ont réussi à reprendre plusieurs villages à l'EI et se rapprochaient jeudi de la région de Sinjar.

La ville de Sinjar est aux mains de l'EI, un groupe ultraradical responsable d'atrocités qui s'est emparé de vastes régions d'Irak depuis le lancement en juin de son offensive en Irak. Elle est située au pied du Mont Sinjar tenu par des combattants kurdes et yazidis mais assiégé par l'EI.

L'objectif de l'offensive lancée mercredi par les peshmergas est de briser le siège du Mont Sinjar et de reprendre à terme la ville du même nom, située entre Mossoul, deuxième ville d'Irak aux mains de l'EI, et la frontière syrienne.

C'est sur le Mont Sinjar, une zone aride s'étendant sur 60 km, où des dizaines de milliers d'Irakiens, principalement de la minorité yazidie, s'étaient réfugiés pour fuir l'avancée jihadiste en août. Il y reste néanmoins quelques milliers de personnes -habitants, combattants et réfugiés.

Jeudi, la coalition internationale a de nouveau frappé au nord de Tal-Afar, un secteur tenu par l'EI à une quarantaine de km à l'est de Sinjar, a déclaré Anwar Brahim, officier des services de renseignement kurdes, appelés "Assayesh".

Les mêmes positions de l'EI ont été la cible de bombardements à l'artillerie des peshmergas, selon des responsables. "Un grand nombre de troupes s'apprêtent à prendre d'assaut Sinjar", a dit M. Brahim.

- 80 jihadistes tués -

L'armée américaine a annoncé plus de 60 raids menés depuis lundi, dont 45 pour soutenir les forces kurdes, mais sans préciser les secteurs visés. Des images diffusées par le gouvernement autonome du Kurdistan irakien ont montré les carcasses calcinées de véhicules de l'EI et le drapeau noir des jihadistes flottant sur des positions abandonnées.

Depuis le lancement mercredi de leur offensive, lancée depuis Rabia, près de la frontière syrienne, et Zoumar sur les rives du lac de Mossoul, les peshmergas ont repris huit villages et tué quelque 80 jihadistes, selon des responsables.

M. Brahim a fait état de six peshmergas tués et 31 blessés.

Durant son offensive contre Sinjar en août, l'EI avait tué ou enlevé plusieurs centaines des membres des Yazidis -une minorité jugée hérétique par le groupe jihadiste- et forcé des dizaines de milliers de personnes à se réfugier dans la montagne.

Ces derniers avaient été assiégés dans des conditions dramatiques pendant plusieurs semaines, avant de pouvoir être évacués en Syrie. Ce premier siège avait marqué une étape importante dans la lutte contre l'EI puisqu'il avait précipité l'engagement en Irak des Etats-Unis, avec des raids aériens menés à partir du 8 août.

- Isoler Mossoul -

Si elle réussit, la nouvelle offensive kurde pourrait couper les routes d'approvisionnement de l'EI et isoler Mossoul, sa place forte.

L'EI a construit des fortifications, creusé des tranchées autour de la ville et y a coupé le réseau de téléphonie mobile. Il a aussi limité le déplacement des habitants.

Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste, les forces gouvernementales, appuyées par les miliciens chiites et les peshmergas, ont enregistré quelques victoires ces derniers mois.

En Syrie voisine, pays ravagé depuis près de quatre ans par la guerre et où l'EI contrôle aussi de vastes secteurs, le groupe jihadiste combat sur plusieurs fronts -régime, rebelles, kurdes et parfois les tribus.

Mercredi, les corps de 230 personnes exécutées par l'EI ont été découverts par leurs proches dans une fosse commune dans la province de Deir Ezzor (est), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Les victimes sont des membres de la tribu des Chaïtat qui avait tenté de se soulever contre l'EI.

Enfin, deux journalistes kurdes travaillant pour la chaîne de télévision kurde irakienne Rudaw Media Network ont été enlevés lundi par l'EI en Syrie, selon leur employeur.

burs-jmm/emb/tp

Les informations ci-dessus de l'AFP n'engagent pas la responsabilité de l'Institut kurde de Paris.